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SYRIE

En Syrie, le cessez-le-feu semble être respecté

Une gare de Damas quelques minutes avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 12 avril 2012.
Une gare de Damas quelques minutes avant l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 12 avril 2012. Reuters/Khaled al-Hariri
Texte par : RFI Suivre
7 mn

La situation est calme ce jeudi soir 12 avril en Syrie, plus de quinze heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu. Un calme bien précaire, mais suffisant pour que les Nations unies annoncent l'envoi dans les prochaines heures à Damas d'une nouvelle délégation chargée de préparer le déploiement d'observateurs internationaux.

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Quelques heures après son entrée en vigueur jeudi, le cessez-le-feu est globalement respecté, les fusillades et les bombardements ont cessé. Il n'y a eu aucune opération militaire d'envergure. Mais il y a quand même eu des violences, des incidents meurtriers qui donnent déjà l'occasion à l'opposition et au régime de s'accuser mutuellement de fragiliser la trêve.

Le cessez-le-feu semble d'autant plus fragile que l'armée reste massivement déployée dans les différentes villes rebelles. Et à lire l'édition du jour d'al-Watan, il semble peu probable que les soldats entament rapidement un mouvement de retrait vers leurs casernes, car comme l'explique le quotidien gouvernemental, l'armée a pour mission de protéger la population et la souveraineté du pays et ce n'est qu'une fois la sécurité rétablie, « qu'une fois sa mission terminée, qu'elle regagnera certainement les casernes ». Avant même de faire cesser les opérations militaires, le régime de Damas se réservait le droit de répliquer et de reprendre, à tout moment, les hostilités.

La fin des violences n'est que le 1er point du plan de paix de Kofi Annan

Le plan de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe comporte en effet 6 points. En plus de l'arrêt des violences et le retour des militaires dans les casernes, le plan prévoit aussi l'acheminement d'une aide humanitaire dans toutes les zones touchées par les combats. L'opposition souhaite toujours la mise en place de corridors humanitaires, une option absolument pas envisagée pour l'instant par le pouvoir de Bachar el-Assad.

Autre point important prévu par le plan : mettre fin aux détentions arbitraires. Un militant de Homs joint ce jeudi matin par téléphone par RFI faisait état d'informations inquiétantes, le régime aurait commencé à éliminer les prisonniers. Il y a donc urgence à accéder aux lieux de détentions et à établir des listes des personnes détenues, comme le prévoit le plan Annan.

Liberté d'association et de circulation

Autres dispositions prévues : les citoyens syriens, comme les journalistes, doivent également retrouver la liberté d'association et de circulation. Les premiers doivent avoir le droit de manifester pacifiquement, les seconds doivent pouvoir bénéficier d'une politique de visa non discriminatoire. Enfin, le plan élaboré par Kofi Annan appelle à un dialogue politique et à la mise en place d'un « processus politique ouvert » pour répondre aux demandes légitimes de la population. Mais là aussi, les faits des derniers mois et semaines montrent que le régime peut officiellement tenir un discours conciliant, mais sans finalement ne rien céder sur le fond.

Le plan de paix de Kofi Annan a-t-il une chance d'être appliqué ?

Le cessez-le-feu a-t-il une chance de tenir au-delà de cette première journée ? Kofi Annan veut en tout cas le croire. L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a salué, ce jeudi après-midi, le rare moment de calme que vivait la Syrie depuis ce matin 6 heures, heure locale et il a appelé toutes les parties prenantes à maintenir ce calme. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, va par ailleurs « demander au Conseil de sécurité d'approuver le déploiement d'une mission d'observateurs de l'ONU dès que possible » pour surveiller ce cessez-le-feu.

Il est difficile d'évaluer complètement la situation sur le terrain en l'absence d'observateurs des Nations unies.

Ban Ki-moon

Un cessez-le-feu que s'est pour l'instant engagé à respecter l’Armée syrienne libre. Interrogé sur notre antenne ce matin, le chef du conseil militaire de l’Armée syrienne libre, le général Mostafa al-Cheikh a clairement expliqué que le conseil militaire respectera le plan de Kofi Annan et attendra les décisions du Conseil national syrien (CNS) et de la communauté internationale avant d'agir. Mais en même temps, il explique que toute négociation avec le régime de Damas est écartée et qu'il n'est pas question de maintenir le pouvoir actuel en place.

L'opposition maintient ses manifestations

Le droit de manifester pacifiquement est donc l'un des six points du plan Annan et l'opposition entend bien l'exercer, dès demain vendredi 13 avril. Vendredi, c'est la journée de la grande prière et des principales manifestations à travers la Syrie. Le président du Conseil national syrien, Burhan Ghalioun, appelait dès ce jeudi matin ses compatriotes à manifester massivement vendredi pour voir si le gouvernement sera en mesure de tenir son engagement. Burhan Ghalioun a lancé cet appel tout en étant visiblement convaincu que le régime ne respectera pas la trêve et qu'il ouvrira le feu sur les manifestants.

Un autre opposant, Haythan Manna, président de la Commission arabe des droits de l'homme, parle de la journée de vendredi comme un double test. Le premier sera donc pour le pouvoir qui devra donner clairement des ordres à son armée de se tenir à distance des manifestations. Le deuxième test sera pour les miliciens, les hommes qui ont pris les armes pour défendre les opposants. Eux aussi devront se tenir à distance des manifestations pour ne donner aucun prétexte de rompre cette fragile et inespérée trêve.

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