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Bahreïn

Bahreïn: la tension monte avant le Grand Prix de Formule 1

A Bahreïn, l’opposition chiite organise une semaine de contestation avant le Grand Prix de Formule 1, comme c'est le cas ici à Muharraq ce 17 avril 2012.
A Bahreïn, l’opposition chiite organise une semaine de contestation avant le Grand Prix de Formule 1, comme c'est le cas ici à Muharraq ce 17 avril 2012. STR Bahrain Out

A Bahreïn, l’opposition chiite organise une semaine de contestation avant le Grand Prix de Formule 1 qui doit se tenir dans le royaume dimanche 22 avril 2012. Le maintien d’un tel événement a créé la polémique alors que la situation des droits de l’homme dans le pays est à nouveau dénoncée dans un rapport d’Amnesty International.

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Une nouvelle manifestation de l’opposition devait avoir lieu mardi 17 avril 2012 à l’aéroport international de Bahreïn, à l’arrivée des premières équipes de Formule 1 qui doivent participer au Grand Prix de dimanche prochain.

L’opposition chiite, confession majoritaire à Bahreïn, réclame depuis un an des réformes dans le pays, dénonçant le pouvoir absolu de la dynastie sunnite des Khalifa à la tête du pays depuis quarante ans. Les manifestants comptent profiter de la tenue du Grand Prix pour faire entendre leur voix. Le pouvoir aussi, bien qu’il ait appelé à ne « pas instrumentaliser » cet événement sportif. Selon Hassiba Hadj Sahraoui d’Amnesty International, « les autorités essaient de nous dire avec l’organisation de ce Grand Prix qu’il y a un retour à la normale, or ce n’est pas le cas, la crise des droits de l’homme n’est pas terminée ».

« Recours à la torture et à une force injustifiée et excessive contre les manifestants »

L’organisation, qui rendait un rapport ce mardi 17 avril 2012 sur la situation dans le pays, estime que rien n’a vraiment changé depuis la révolte de l’an dernier qui avait été réprimée dans la violence, faisant 40 morts et conduisant à 1 600 arrestations. « Nous continuons à recevoir des informations faisant état du recours à la torture et à une force injustifiée et excessive contre les manifestants », écrit Amnesty, et ce malgré les réformes annoncées par le gouvernement.

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Khadija Mosawi confirme. Dans un entretien à RFI, l’épouse du militant des droits de l’homme Abdel Hadi al-Khawaja, emprisonné depuis un an et en grève de la faim depuis plus de deux mois, affirme que les Bahreïniens qui manifestent sont « battus, des gaz toxiques sont utilisés contre des villages toutes les nuits ».

Elle accuse les organisateurs du Grand Prix de Formule 1 de penser davantage à « s’amuser et à faire de l’argent plutôt qu’à se préoccuper des droits de l’homme de la population bahreïnie. A la fois, poursuit-elle, c’est une opportunité pour montrer aux journalistes présents que les gens manifestent pacifiquement pour leur liberté ».

Un manque à gagner de 90 millions de dollars au moins

Après avoir hésité, les organisateurs du Grand Prix ont finalement décidé de maintenir la course. Ils ont reçu la garantie des autorités que la sécurité des équipes serait assurée. Ils n’ont pas voulu non plus renouveler la mésaventure de l’an dernier. Le Grand Prix avait été annulé, en raison déjà de la contestation. Un manque à gagner énorme. En 2010, la course avait généré 90 millions de dollars (68 millions d’euros) rien qu’en publicité, selon le site spécialisé Formula Money.

Bernie Ecclestone, le dirigeant de Formula One Management qui détient les droits commerciaux de la F1, s’est déclaré « content » que l’événement ait lieu. Les manifestants « vont sûrement continuer à demander des réformes mais qu’est-ce que cela a avec la F1 ? [] Nous n’intervenons pas dans la politique des pays où nous allons ». Selon le journal britannique The Daily Mail, le Grand Prix de Bahreïn doit rapporter 25 millions de livres (30 millions d’euros) à Bernie Ecclestone.

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