IRAN / NUCLEAIRE

L'Iran accusé de «laver» son site nucléaire militaire suspect de Parchin

Siège de l'AIEA à Vienne. Les nouvelles accusations interviennent à quelques jours des nouvelles négociations entre l'Iran et l'AIEA.
Siège de l'AIEA à Vienne. Les nouvelles accusations interviennent à quelques jours des nouvelles négociations entre l'Iran et l'AIEA. AFP

A quelques jours de la reprise des discussions avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran est de nouveau accusé d’effacer les traces de ses activités nucléaires clandestines sur le site de Parchin (30 km au sud-est de Téhéran). Un « think thank » américain, spécialisé dans la prolifération nucléaire, a publié des images satellites prouvant selon lui qu’un grand nettoyage a eu lieu en avril 2012 dans cette base militaire ultra-fermée.

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Sur les images on voit de l’eau ruisseler tout autour d’un container qui a servi selon l’AIEA à tester des explosions nucléaires en miniature. Les clichés satellite datent du 9 avril dernier. Et c’est l’Institut Isis (Institute for Science and International Security) qui a rendu public ces images.

Ce « think thank » est basé à Washington. Il est proche des intérêts américains. Selon Isis, ces images prouvent que l’Iran est en train d’effacer les traces des explosions, qui sont autant de preuves de ses activités clandestines.

Par deux fois cette année, la République islamique a refusé que l’AIEA pénètre sur le site de Parchin et ce point précis est au cœur des discussions qui doivent reprendre la semaine prochaine entre le gendarme du nucléaire et l’Iran à Vienne.

L’Iran a balayé ces accusations d’un revers de la main. « Ils se moquent de notre nation », a réagi Ramine Méhmanparaste, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, cité par l’agence semi-officielle Isna. « Il est impossible de " laver " des activités nucléaires », a-t-il ironisé.

Inquiétudes sur Parchin

La semaine dernière, Yukiya Amano, le directeur général de l’AIEA, avait réitéré ses inquiétudes concernant le site de Parchin, notant que l’Agence avait constaté des activités récentes sur place.

Le contexte est particulièrement tendu. Au début de la semaine, deux inspecteurs de l’Agence ont été victimes d’un accident de voiture en Iran et l’un d’entre eux est mort. Il s’agit d’un citoyen sud-coréen.

Si rien ne permet de mettre en doute le caractère purement accidentel du drame, l'Iran entrave toutefois le travail des inspecteurs sur son territoire par toutes sortes de stratagèmes. Les inspecteurs sont suivis en permanence par une horde de caméras. Leurs portables et ordinateurs ont déjà été piratés et régulièrement. L’AIEA réclame de l’Iran qu’il garantisse plus sérieusement la sécurité de ses agents.

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