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Egypte / Présidentielle

Egypte: les Frères musulmans célèbrent leur victoire

Des partisans de Mohamed Morsi célèbrent la victoire à la présidentielle du candidat des Frères musulmans, place Tahrir au Caire
Des partisans de Mohamed Morsi célèbrent la victoire à la présidentielle du candidat des Frères musulmans, place Tahrir au Caire REUTERS/Asmaa Waguih
Texte par : RFI Suivre
8 mn

En Egypte, la victoire, dimanche 24 juin, du candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, à l'élection présidentielle face à Ahmed Chafik, ancien Premier ministre d'Hosni Moubarak, a été accueillie par les cris de joie de ses supporters mais aussi des opposants à l'ancien régime, place Tahrir au Caire. Tous nourrissent l'espoir que le pays va faire table rase du passé et renaître économiquement.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Mohamed Morsi a d’abord tenu à souligner qu’il était le président de la révolution : « Sans le sang des martyrs je ne serais pas là », a-t-il déclaré.

Il s’est engagé à réaliser les objectifs de la révolution : « Liberté, dignité et justice sociale ». Il a aussi salué l’armée, une institution qu’il s’est engagé à renforcer.

Le président Frère musulman a cherché à rassurer la police en indiquant que seuls les éléments criminels seront châtiés, ainsi que les magistrats à qui il a promis une « vraie indépendance » des pouvoirs exécutif et législatif.

Le président élu s’est, d’autre part, déclaré « le raïs de tous les Egyptiens, musulmans et chrétiens, hommes et femmes », et les a tous appelés à s’unir pour réaliser la « renaissance de l’Egypte ».

En politique étrangère, il a implicitement tenu à rassurer les Etats-Unis et Israël en affirmant que l’Egypte respectera tous ses accords et engagements.

Mais cette référence aux traités de paix n’a pas empêché Mohamad Morsi de conclure que « l’Egypte était prête à repousser toute agression, d’où qu’elle vienne ».

Un coup très dur porté au régime militaire

L’élection de Mohamed Morsi porte un coup très dur au régime militaire qui sévit en Egypte depuis le renversement du roi Farouk en 1952. Quatre présidents militaires se sont succédé au cours de cette 1ère République. Une République qui a fini en empire géré par l’appareil militaire.

Usines d’armement et exportation d’armes, industrie agro-alimentaire, stations-service, hôtels et compagnies touristiques, il ne faut pas non plus oublier que l’armée est le plus grand propriétaire terrien d’Egypte. En fait, tout terrain qui n’appartient à personne appartient à l’armée.

Mais la Deuxième République naissante ne s’est pas encore débarrassée du pouvoir des militaires. Le Conseil suprême des forces armées qui reste à la tête de l’exécutif jusqu’à la prestation de serment de Mohamed Morsi détient aussi le pouvoir législatif après la dissolution de l’Assemblée du peuple. Une armée qui est aussi totalement autonome puisqu’elle gère son budget et ses nominations et que son chef, le maréchal Tantaoui, est commandant en chef des forces armées.


Si Dieu le veut, le nouveau président Morsi va œuvrer en faveur de la renaissance économique du pays et il va nous rendre notre dignité qui était bafouée à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Reportage au Caire

Avec notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes

Barack Obama a téléphoné au président Mohamed Morsi, dimanche 24 juin, pour le féliciter de son élection et a appelé l’Égypte à rester « un pilier de la paix dans la région ».

Le président américain souhaite travailler avec Mohamed Morsi « sur la base du respect mutuel, pour faire progresser les nombreux intérêts partagés par l’Égypte et les Etats-Unis ». La formule n’est pas foncièrement chaleureuse et le communiqué publié dimanche 24 juin par la Maison Blanche laisse penser que l’entretien téléphonique entre les deux hommes a été courtois mais bref.

Washington s’inquiète de l’évolution des relations entre l’Égypte et Israël. « Il est essentiel que le nouveau gouvernement continue à faire de l’Égypte un pilier de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région », a écrit le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney.

Les États-Unis appellent également le nouveau président à « faire avancer l’unité nationale en consultant tous les partis sur la formation d’un nouveau gouvernement ». « Il est important, souligne la Maison Blanche, que ce futur gouvernement soutienne les valeurs universelles et respecte les droits de tous les citoyens égyptiens y compris les femmes et les minorités religieuses ».

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