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EGYPTE

Egypte : le maréchal Tantaoui écarté du pouvoir par le président Morsi

Le maréchal Hussein Tantaoui, au palais présidentiel. Le Caire, le 31 juillet 2012.
Le maréchal Hussein Tantaoui, au palais présidentiel. Le Caire, le 31 juillet 2012. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh
Texte par : RFI Suivre
7 mn

C’est une information qui résonne comme un coup de tonnerre : en Egypte, l'homme fort depuis des années, après Hosni Moubarak, passe à son tour à la trappe. L'incontournable maréchal Hussein Tantaoui a été mis à la retraite, ce dimanche 12 août, par le président Mohamed Morsi. Il n'est plus ministre de la Défense. C'est un nouveau bras de fer qui s'engage entre le chef de l'Etat et l'armée.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

La déclaration du porte-parole de la présidence égyptienne

C’est le président Mohamed Morsi qui a décidé de prendre toutes les rênes du pouvoir en main puisqu'en se débarrassant du maréchal Tantaoui, il se débarrasse aussi du chef du Conseil suprême des forces armées. Un Conseil qui détenait le pouvoir législatif après la dissolution du Parlement par la Cour constitutionnelle.

Hussein Tantaoui n'est pas le seul à prendre la porte puisque le chef d'état-major de l'armée, Sami Ena, est également évincé tout comme nombre de hauts responsables militaires. 

Mohamed Morsi a de plus décidé d’abroger une « déclaration constitutionnelle » complémentaire qui avait été faite par l’armée au mois de juin dernier, et qui faisait de l’armée le législateur.

Aujourd’hui, le chef de l'Etat détient le pouvoir exécutif en tant que président mais aussi avec son gouvernement et le pouvoir législatif, soit par le biais d’une Assemblée nationale restaurée, qui était dominée par les islamistes, soit par la concentration dans ses propres mains de tout le pouvoir législatif. Et visiblement il est prêt à entrer en conflit avec le pouvoir juridique puisqu’il a nommé comme vice-président le ministre de la Justice qui cherchait déjà à limiter les pouvoirs du judiciaire.

Pas de réaction de l’armée

Pour l’instant, tout a l’air très calme en Egypte. Le maréchal Tantaoui, le chef d’état-major, le général Sami Ena et tous les chefs des armées qui ont été limogés ont reçu des postes honorifiques, soit à la direction du canal de Suez, soit comme conseillers du président. Reste à savoir si le reste de l’armée acceptera ce qui s’est passé ou s’il y aura un mouvement de réaction.

Le maréchal Tantaoui n’avait aucune intention de se retirer (…). Ça ne peut pas être considéré seulement comme une lutte interne au sein de l’armée (…). C’est sûrement quelque chose de très important dans l’histoire de la révolution égyptienne.

Alain Gresh

Les gros titres de la presse

La presse égyptienne est partagée entre la joie, la préoccupation ou la condamnation. De la joie d'abord pour Al-Horiya wal Adala. « Décision historique » et « soutien populaire au président » titre le quotidien des Frères musulmans. « Décisions révolutionnaires de Morsi », écrit pour sa part le journal gouvernemental Al-Akhbar, dont ledirecteur vient d’être remplacé par un proche de la Confrérie.

L’indépendant Al-Masriyoun, neutre mais néanmoins préoccupé, parle de « séisme politique ». Al-Masry al-Yom estime quant à lui que « Morsi a arraché tous les pouvoirs ». « Le président, c’est moi » titre Al-Tahrir. Mais l’indépendant Al-Watan évoque une Egypte « officiellement Frère musulmane ».

Les attaques les plus dures viennent de Sowt al-Ouma, un journal menacé de fermeture par les Frères musulmans. Le journal annonce « le scandale du général Morsi » et illustre ses propos avec un photomontage du président égyptien en uniforme d’officier supérieur.

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