Syrie

Alep et Damas sous les bombes, l'ONU plie bagage

Après quatre mois de présence et d'impuissance en Syrie, les observateurs de l'ONU ont fini par plier bagage.
Après quatre mois de présence et d'impuissance en Syrie, les observateurs de l'ONU ont fini par plier bagage. REUTERS/Khaled al-Hariri

En Syrie, alors que les derniers observateurs de l’ONU quittent le pays, les combats redoublent d’intensité. C’est un véritable redéploiement sur plusieurs fronts. Ce jeudi 23 août au matin, une pluie de bombes s'est abattue sur plusieurs quartiers d'Alep et de Damas. L'armée aurait même pénétré l'espace aérien d'Irak pour mieux bombarder la ville de Boukamal, en territoire syrien.

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Ce sont les combats les plus violents dans la capitale depuis le début du mois. Postée sur les collines de Qasioum qui surplombent Damas, l’artillerie de l’armée fidèle au pouvoir pointe ses canons en direction des faubourgs sud et ouest de la ville. C’est en effet dans ces quartiers que se seraient repliés les insurgés.

A l’aide de roquettes et d’obus, les forces de sécurité tentent de les déloger, mais au moindre tir, c’est toute la capitale qui tremble. On entend les échos des bombardements dans toute la ville, raconte un opposant contacté à Damas.

Dans cette partie sud de la capitale, les maisons semblent vides, les rues désertes, les habitants fuient les combats. Direction les mosquées et les écoles dans d’autres quartiers plus calmes. C'est dans ces endroits qu’ils trouvent refuge.

En plus des bombardements, les troupes gouvernementales (appuyées par des blindées) ont fait incursion à Kfar Sousseh, au sud-ouest de la capitale. Plusieurs personnes ont été arrêtées.

« Aucune progression »

A Alep, les tirs d'artillerie lourde ravagent également la ville. Des combats ont eu lieu dans le quartier de Salah Eddine, principal bastion des rebelles. Amnesty International accuse le régime syrien de viser de façon indiscriminée les quartiers sous contrôle rebelle à Alep, au lieu de cibler des objectifs militaires.

Il y a des bombardements sur des zones d’habitation (…) avec des décès de familles entières. Mais aussi dans la rue. (…) Les personnes qui font les queues devant les boulangeries (…) que ce soit le jour ou la nuit, sont elles aussi victimes de ces bombardements. (…) Nous avons relevé le cas d’un hôpital qui deux fois a été bombardé.

Geneviève Garrigos

Selon Nicolas Hénin, reporter qui a passé huit jours dans la grande métropole du nord syrien, le front d'Alep est en fait totalement enlisé. « Les positions sont très bien tenues, relate-t-il pour RFI. Les chars ou les snipers empêchent l'Armée syrienne libre de faire quelconque gain, et de l'autre côté les soldats de l'armée régulière sont maintenus à distance par des insurgés à la combativité très forte. »

J'ai pu constater que la propagande diffusée de part et d'autre est fausse. En particulier, je n'ai vu aucune progression. Sur les différents fronts, notamment de Salah Eddine, pas une seule rue n'a été prise ni d'un côté, ni de l'autre.

Nicolas Hénin

Les violences interviennent alors que les observateurs des Nations unies achèvent leur mission. Leur mandat n’est pas renouvelé en raison des conditions de sécurité. Mais le régime syrien annonce qu'il coopèrera avec le nouvel émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi.

Selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les affrontements ont fait 39 morts ce jeudi. Selon l'AFP citant une source dans la police frontalière irakienne, l'armée syrienne a par ailleurs pénétré, ce jeudi matin, dans l'espace aérien d'Irak pendant quelque quinze minutes, pour bombarder Boukamal, ville frontalière syrienne tenue par les insurgés.

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