Syrie

Syrie : Bachar el-Assad rejette l'idée de zone tampon et se dit déterminé à vaincre la rébellion

Capture d'écran de l'entretien accordé par Bachar el-Assad à la chaîne Addounia.
Capture d'écran de l'entretien accordé par Bachar el-Assad à la chaîne Addounia. AFP PHOTO / HO / ADDOUNIA TV

Bachar el-Assad est apparu à la télévision syrienne le 29 août, plus déterminé que jamais. Dans une interview à la chaîne privée pro-régime Addounia, le président syrien ne laisse transparaître aucune faiblesse et livre sa vision de la crise. Il refuse l'idée d'une zone tampon avec la Turquie et se dit déterminé à vaincre la rébellion. Sur le terrain, les combats ont fait rage à Damas la capitale, mais aussi Alep et Idleb. Le bilan est d'au moins 101 morts mercredi.  

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Face aux caméras, Bachar el-Assad reste inflexible. Il n’éprouve aucun regret, ni aucun remords. Le carnage syrien n’est d’ailleurs pas de sa faute. Le coupable est désigné. Ce sont les responsables turcs qui laissent passer les armes par leurs frontières avec la Syrie :

« La Turquie est directement responsable du sang versé en Syrie, pourtant notre amitié avec ce peuple est historique, nous préférons nous comporter avec sagesse face à l’irresponsabilité des dirigeants de ce pays. Nous ne voulons pas d'un retour en arrière ».

Alors que le pays est ravagé par les violences, Bachar el-Assad rejette l’idée d’une zone tampon. Pour lui, la situation est maîtrisée :

« Une zone tampon doit être instaurée avec notre accord. Et à ce que je sache, la Syrie n’a rien décidé à ce sujet. Je ne pense pas qu’il y ait des zones en Syrie qui échappent à notre contrôle. L’idée des Occidentaux d’instaurer une telle zone est simplement irréaliste ».

La zone tampon, si elle est instaurée, servirait les réfugiés. Mais pour Bachar el-Assad, ces réfugiés n’existent pas. La population doit soutenir son régime. Ceux qui ne le font pas, sont des traîtres combattus par le pouvoir.

L’homme fort de Damas se réjouit également des défections de certains de ses responsables, dont le départ est loin d’ébranler le régime.

Je demande à chaque citoyen syrien, s’il connaît ou a entendu parler d’un responsable qui veut faire défection mais qui hésite encore et bien qu’il l’encourage à fuir.

Bachar el-Assad

Réactions

Shakeeb el-Jabri est un blogueur syrien qui vit au Liban. Il a suivi à la télévision l’intervention de Bachar el-Assad. Et pour lui, rien de nouveau. Il se confie, au micro de RFI.

 

La plupart de son discours ressemblait à ce qu’on avait déjà entendu dans ses discours précédents : qu’il y a une conspiration internationale contre la Syrie, qu’il y a des terroristes. Donc c’était encore un de ces discours qui ne sert à rien

Shakeeb el-Jabri

Bachar el-Assad a déclaré que ses troupes progressaient sur le terrain mais qu’elles avaient encore besoin de temps pour mettre fin au conflit. Pour l’activiste Shakeeb el-Jabri, ce n’est certainement pas un aveu de faiblesse : « Le régime a une grande confiance en lui, je pense que c’est une fausse confiance en soit, mais il continue. Il n’y a pas de signe de changement de direction. les mitrailleuses continuent de tirer, les bombes continuent de tomber et les avions de voler ».

Shakeeb ne croit pas en une démission de Bachar el-Assad, mais il espère que la révolution syrienne finira par l’emporter, avant son deuxième anniversare dans six mois.

Les attentes des réfugiés syriens

Ce jeudi 30 août, la France préside une réunion au Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie. Il y sera notamment question des réfugiés qui sont de plus en plus nombreux à partir de leur pays. Le Liban voisin accueille plus de 50 000 réfugiés, selon le HCR, Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, un chiffre qui serait sous-estimé. Beaucoup de ces réfugiés syriens réclament une intervention militaire de la communauté internationale pour se débarrasser du régime de Bachar el-Assad.

La plaine de la Bekaa au Liban, où s’est réfugiée une partie des Syriens, est peuplée non seulement de sunnites, qui soutiennent la rébellion syrienne, mais aussi de chiites, qui appuient au contraire le régime de Bachar el-Assad. Et les réfugiés en ont peur. Ils préféreraient être accueillis en Europe mais leur rêve est surtout de retrouner chez eux en Syrie. Reportage de RFI dans la plaine de la Bekaa.

Nous demandons à la communauté internationale de nous aider à retourner chez nous, dans notre pays, retrouver nos familles, nos proches…

Réfugiés syriens

 

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