Israël / Palestine

La plus ancienne colonie illégale de Cisjordanie en cours de démantèlement

La plupart des colons ayant résisté à la police n'étaient pas des habitants de Migron mais des «Jeunes des collines», surnom de la frange la plus radicale du mouvement de colonisation.
La plupart des colons ayant résisté à la police n'étaient pas des habitants de Migron mais des «Jeunes des collines», surnom de la frange la plus radicale du mouvement de colonisation. RFI / Nicolas Falez
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Les colons israéliens - près de 50 familles - ont commencé à quitter leur domicile à Migron, près de Ramallah. La Cour suprême israélienne a ordonné l’évacuation la semaine dernière de cette colonie sauvage, la plus ancienne de Cisjordanie. Le délai fixé par les juges expire mardi. Les policiers sont venus tôt ce dimanche 2 septembre pour débuter l'opération. Les familles évacuées seront relogées à deux kilomètres, toujours en territoire palestinien.

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Avec notre envoyé spécial dans la colonie de Migron en Cisjordanie, Nicolas Falez

Il règnait un calme assez étrange ce dimanche 2 septembre au matin dans la colonie de Migron qui est presque totalement évacuée. Aux premières heures de la matinée, la police israélienne a frappé aux portes des mobile homes où vivent les cinquante familles de cette colonie considérée comme illégale par les autorités israéliennes elles-mêmes.

Les habitants de Migron ont souhaité rester jusqu’au dernier moment, mais ils avaient décidé collectivement de n’opposer aucune violence lorsque les forces de l’ordre viendraient leur ordonner de partir.

Une poignée de jeunes colons juchés sur le toit d’une habitation encerclée par la police : c'était, d'abord, le seul mouvement de résistance. Ces cinq ou six jeunes ne sont pas des habitants de Migron, ils sont venus de colonies voisines.

Puis, une trentaine de jeunes hommes et adolsescents se sont retranchés dans un mobile home. La police israélienne a fini par les déloger. Chaque colon récalcitrant est emmené de force, porté par quatre policiers, jusqu’à un bus stationné à proximité. Cris, agitation, slogans et chants nationalistes, quelques arrestations, mais pas de violence.

Relogés à deux kilomètres

L’évacuation de Migron est une conséquence d’un jugement de la Cour suprême israélienne car la colonie a été bâtie en partie sur des terres privées palestiniennes.

Dans quelques heures, la colonie sera vide pour la première fois depuis dix ans. Les habitants sont pour l’instant relogés dans une auberge de jeunesse toute proche, mais dans quelques jours les familles pourront aménager dans un nouveau quartier construit spécialement pour les familles de Migron, à deux kilomètres seulement, mais toujours en Cisjordanie.

« Ce n’est absolument pas une défaite, affirme Miri Ovadia, l’une des porte-parole des colons de Cisjordanie, qu’elle appelle de son nom biblique la Judée Samarie. Il y a un tel développement en Judée-Samarie. De plus en plus de familles viennent s’établir à différents endroits. Il y a même une famille qui est arrivée à Migron la semaine dernière, en sachant que cet endroit allait être évacué. Cela montre à quel point les gens pensent qu’il est important de vivre ici. Et nous espérons que c’est la dernière évacuation dont nous serons témoins. »

Il y a aujourd’hui plus de 300 000 colons israéliens en Cisjordanie.

Toute implantation dans les territoires, avec ou sans feu vert, va à l'encontre d'une solution politique à ce conflit

David Chemla

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