Egypte / Justice

Egypte : la justice ordonne la mise en détention d'Ahmed Chafik pour corruption

L'ancien Premier ministre égyptien Ahmed Chafik, le 20 janvier, au Caire.
L'ancien Premier ministre égyptien Ahmed Chafik, le 20 janvier, au Caire. Reuters
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La justice égyptienne a ordonné ce mardi 11 septembre la mise en détention préventive du général Ahmed Chafik, le candidat à la présidence de la République battu par Mohamed Morsi et dernier Premier ministre de Moubarak. Le général Chafik, qui est à l’étranger, est accusé dans une affaire de corruption.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

« L’affaire du terrain des aviateurs ». C’est ainsi que les médias égyptiens ont surnommé le procès ouvert il y a un peu plus d’un mois contre le général Chafik et plusieurs anciens généraux de l’armée de l’air. Le général, qui avait été commandant de l’armée de l’air, avait aussi été le président de l’Association des officiers aviateurs. Une association qui avait obtenu en donation de l’Etat un vaste terrain sur le lac Amer, traversé par le canal de Suez.

Le compagnon d’armes de l’ex-président Moubarak a, selon l’accusation, cédé 40 000 mètres carrés de ce terrain à un prix dérisoire. Les bénéficiaires de cette transaction n’étaient autres que Alaa et Gamal Moubarak, les fils de l’ancien raïs qui sont détenus préventivement. Cette affaire avait été soulevée par les adversaires islamistes du général Chafik en pleine campagne présidentielle. Une accusation que celui qui avait obtenu 48% des voix a toujours niée.

Le général, actuellement dans le Golfe, avait affirmé il y a quelques jours sur une chaîne de télévision égyptienne privée qu’il rentrerait en temps opportun pour prouver son innocence.

Ahmed Chafik, c'est le candidat malheureux à l'élection présidentielle de juin dernier, battu de peu par l'islamiste Mohamed Morsi.

A 71 ans, cet homme énergique, aux costumes impeccables, avait fait campagne sur deux thèmes : rétablir la sécurité en Egypte et développer l'économie du pays. Il avait des arguments. En tant qu'ancien militaire et ancien ministre, il pouvait se prévaloir de certaines capacités.

Ahmed Chafik avait aussi une expérience dans la gestion économique puisqu'il aimait se vanter d'avoir modernisé la compagnie aérienne Egyptair et l'aéroport du Caire.

Mais ses détracteurs lui reprochaient surtout d'être l'homme de l'ancien régime. Longtemps ami de Hosni Moubarak, il fut son dernier Premier ministre. Même s'il démissionna au bout d'un mois, la plupart des révolutionnaires lui reprochèrent de rester un « fouloul », un reliquat de l'ancien système.

Ahmed chafik s'est aussi présenté comme un rempart à l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans en Egypte. En vain. Accusé de corruption dès le lendemain de l'élection de Mohamed Morsi, il a quitté l’Egypte. Aujourd'hui, réfugié dans le Golfe, il nie les faits qui lui sont reprochés et crie au complot politique.
 

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