Revue de presse Amériques

A la Une : les manifestations anti-américaines au Moyen-Orient s’invitent à la campagne électorale aux Etats-Unis

Des manifestants tentent d'escalader la grille de l'ambassade des Etats-Unis, à Sanaa, le 13 septembre 2012.
Des manifestants tentent d'escalader la grille de l'ambassade des Etats-Unis, à Sanaa, le 13 septembre 2012. REUTERS/Mohamed al-Sayaghi

Les journaux américains titrent aujourd’hui encore sur les attaques contre les ambassades des Etats-Unis en Libye et en Egypte et sur leurs répercutions sur la campagne électorale américaine.

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« Les manifestations anti-américaines prennent de l'ampleur », titre le Boston Globe au-dessus d'une photo qui montre des protestataires escaladant les barrières de sécurité de l'ambassade des Etats-Unis à Sanaa, au Yémen. « Depuis la mort de quatre ressortissants américains, dont l'ambassadeur, mardi à Benghazi, la politique étrangère s'est invitée dans la campagne électorale. Un fait qui n'arrange certainement pas Mitt Romney. Depuis les attaques en Libye et en Egypte, la route vers la Maison Blanche est devenue plus difficile pour lui », estime le journal de Boston.

Mais bien que les déclarations de Mitt Romney au lendemain des attaques aient fait objet de sévères critiques, y compris au sein de sa propre famille politique, son équipe de campagne persiste et signe. « Ce jeudi, l'équipe de Mitt Romney a passé sa journée à expliquer que les protestations violentes et mortelles au Moyen-Orient n'auraient pas eu lieu si leur candidat avait été président », rapporte le Washington Post.

« Après quatre années de présidence Obama, la situation est gravissime », estime de son côté Richard Williamson, interrogé par le quotidien. Ce conseiller en politique étrangère de Mitt Romney poursuit : « C'est quand même la première fois depuis la présidence de Jimmy Carter, qu'un ambassadeur des Etats-Unis se fait tuer. En Egypte, en Libye et au Yémen il n'y a plus de respect pour les Etats-Unis. Les Etats-Unis ont perdu leur détermination dans cette région du monde. Nous ne sommes même plus capables de protéger les intérêts américains à l'étranger ». Et Richard Williamson conclut : « Il nous faut un nouveau président pour redresser cette situation catastrophique. Et celui qui en est capable s'appelle Mitt Romney ».

Cela étant dit, la campagne du candidat républicain a été tout de même quelque peu perturbée par les événements au Moyen-Orient. Et c'est pour cette raison que Mitt Romney a décidé hier, « lors d'un meeting électoral dans l'Etat de Virginie, de revenir au thème qui lui a si bien réussi jusqu'à présent : l'économie », analyse le Los Angeles Times qui pense que le candidat républicain tente ainsi de rétablir sa campagne, alors que les derniers sondages montrent un léger avantage pour son rival, le président sortant.

« Il est vrai que Mitt Romney aurait voulu renforcer ses accusations sur la position de Barack Obama dans l'actuelle crise au Moyen-Orient », explique aussi le New York Times. « Mais contrairement à l'effet recherché par le candidat républicain, l'équipe démocrate est presque contente d'être attaquée sur un terrain qu'elle sait favorable au président sortant ».

Cela n'empêche pas les conseillers de Barack Obama d'observer de très près l'évolution de la situation au Moyen-Orient. Car, comme le souligne le New York Times, « un débordement des manifestations anti-américaines mettra forcément en question la politique de l'administration Obama vis-à-vis des démocraties naissantes du printemps arabe ».

Argentine : concerts de casseroles contre la présidente Cristina Kirchner

En Argentine, des milliers de personnes sont descendues dans la rue hier soir pour protester, en tapant sur des casseroles, contre la présidente Cristina Kirchner.
Pour l’éditorialiste du quotidien La Nación, ces manifestations, qui ont été coordonnées grâce aux réseaux sociaux sur internet, sont la seule manière pour la population d'exprimer sa « déception et son impuissance » face à un Etat qui refuse le dialogue. Le quotidien argentin évoque « un énorme mal-être dû aux atteintes successives à la liberté » et rappelle que le silence gouvernemental face aux problèmes d’insécurité et d’inflation exaspère les Argentins. Depuis le début de l'année, il s’agit du cinquième « cacerolazo », des manifestations au son des casseroles, qui sont associées à la grande crise économique qu’a connue le pays en 2001 et 2002.

Haïti : premières contestations contre le président Michel Martelly

En Haïti aussi, les gens manifestent contre le pouvoir. « Manifestations au Cap-Haïtien pour dénoncer le régime, grève aux Cayes pour protester contre l'insécurité, protestation à Port-au-Prince contre la vie chère... Ces derniers jours, le président Michel Martelly fait face à de premières contestations, seize mois après son accession au pouvoir
 », note Le Nouvelliste qui poursuit : « Ce n'est pas encore la grande foule, mais les observateurs se demandent si l'arbre ne cache pas la forêt ».

Un analyste avisé de la politique haïtienne, qui s'exprime dans les colonnes du quotidien sous couvert d'anonymat, constate : « Ces premières manifestations arrivent tôt. Le président Martelly et son Premier ministre Laurent Lamothe ne font pas encore face à une contestation organisée et solide. Mais ils auraient tort de ne pas la prendre au sérieux ».

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