Syrie

Syrie: les médias annoncent une offensive de l'armée sur Alep

Char détruit de l'armée régulière à Alep, le 2 octobre 2012.
Char détruit de l'armée régulière à Alep, le 2 octobre 2012. REUTERS/Shaam News

Le président syrien Bachar el-Assad se serait rendu mardi 2 octobre 2012 à Alep, où il aurait ordonné l’envoi de 30 000 militaires en renfort. Une visite inattendue mais difficilement vérifiable et qui a été rapportée par un quotidien libanais favorable au régime. En revanche, plusieurs médias confirment une concentration de troupes régulières en direction de la grande ville du Nord. Selon l'OSDH (Observatoire syrien des droits de l'homme), 31 000 Syriens ont perdu la vie ces 18 derniers mois.

Publicité

Selon notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifé, des médias syriens et libanais rapportent que l'armée loyaliste s'apprête à lancer une vaste offensive pour reprendre le contrôle de la campagne de Damas et de la ville d'Alep.

Le quotidien officiel al-Baas a annoncé que «la fin des opérations de sécurité dans l’ensemble de la province de Damas» ne devrait pas tarder. Le journal syrien Al-Watan, qui est proche du pouvoir, titre en Une que d'importants renforts ont été acheminés à d'Alep pour soutenir les unités de l'armée déployées dans la ville. «Il s'agit d'un signe de la détermination de l'armée pour gagner au plus vite la bataille d'Alep», ajoute le quotidien.

Un autre journal, libanais celui-là, fait aussi état de l'arrivée de troupes fraîches à Alep. Ad-Diyar, qui est proche du régime syrien, écrit que les 5ème et 6ème divisions, qui comptent 30 000 hommes et 2000 véhicules blindés, ont été déplacées de la province de Hama, au centre, vers Alep, au Nord. Le journal affirme que le président Bachar al-Assad s'est rendu en personne, mardi 2 octobre, à Alep pour superviser les préparatifs de l'offensive qui doit commencer jeudi à partir de la frontière turque.

Assad à Alep, une intox pour l’opposition

Côté rebelle, on ne croit pas un seul instant à la visite de Bachar el-Assad, en treillis militaire, sur le front d’Alep. Pour le colonel Riad Al-Assaad, chef de l’Armée libre, c’est pour démoraliser les révolutionnaires que le pouvoir distille de telles informations : «Je ne pense pas que Bachar el-Assad soit assez bête pour venir à Alep. La ville est sous le feu des combats. Jamais il ne commettrait l’erreur d’aller dans un endroit qui échappe au contrôle de son armée.»

Si le déplacement du président relève plus de l’utopie que de la réalité, l’arrivée de 30 000 soldats loyalistes à Alep semble se vérifier, à un détail près, pour Riad Al-Assaad : ce ne sont pas des renforts mais un simple regroupement stratégique. «Le régime est très affaibli, dit-il. Il a subi beaucoup de pertes dernièrement et il est obligé de rassembler les hommes qu’il lui reste s’il veut tenir ses positions

Cette visite, si elle a véritablement eu lieu, aurait été décidée en raison de la gravité des combats. Mais il est difficile de vérifier l’information qui d’ailleurs n'a pas été reprise par les médias syriens.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail