Syrie / Turquie

Syrie : Alep et la frontière turque en proie à de violents combats

Un obus syrien a une nouvelle fois touché le village turc d'Akçakale, le 7 octobre 2012.
Un obus syrien a une nouvelle fois touché le village turc d'Akçakale, le 7 octobre 2012. REUTERS/Veli Gurgah

La ville d’Alep reste toujours un enjeu stratégique du conflit syrien et ce dimanche 7 octobre, de violents combats ont encore opposé les rebelles aux forces loyalistes. Des affrontements d'une violence inouïe selon l'OSDH qui dresse un bilan provisoire de 50 morts pour cette seule journée. A Damas, une violente explosion a été entendue dans la soirée - un attentat terroriste à la voiture piégée, selon la télévision officielle. Ailleurs dans le pays, les insurgés privés d'armes lourdes continuent d'opposer une forte résistance, particulièrement dans le Nord frontalier avec la Turquie.

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Un habitant d'Alep est catégorique : les combats n'ont jamais été aussi violents que ce dimanche. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) rapporte que les affrontements les plus violents ont eu lieu dans les quartiers centraux de Bab al-Hadid et Chaar et autour de la caserne dans le district de Hanano, dont l'armée avait repris le contrôle début septembre. Les forces loyalistes affirment avoir repoussé avant l'aube une importante attaque de rebelles.

Les insurgés qui contrôlent de larges secteurs du nord de la Syrie, auraient réussi samedi à prendre le contrôle d'un avant-poste des forces de Bachar el-Assad, non loin de la province turque de Hatay où cinq civils ont été tués par un obus de mortier syrien, ce qui avait provoqué la colère d'Ankara. Encore ce dimanche, la Turquie a dû riposter pour la cinquième journée consécutive à des tirs en provenance de la Syrie (voir encadré).

Ailleurs dans le pays, d'importants bombardements de l'armée ont été signalés à Idleb dans le Nord-Ouest, Homs et Hama dans le centre et Deraa plus au sud. Une violente explosion suivie de tirs nourris ont été entendus dans la soirée près du quartier général de la police, à Damas, la capitale syrienne. Un attentat terroriste à la voiture piégée, selon la télévision officielle.

Selon l'OSDH, samedi a été une journée particulièrement meurtrière pour les soldats syriens qui auraient perdu au total plus de 60 hommes.

Avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

Un obus tiré de Syrie s'est abattu, ce dimanche, en zone turque, sur le même village où mercredi cinq civils avaient trouvé la mort entraînant une riposte immédiate d’Ankara.

La virulente riposte turque de mercredi et jeudi derniers, si elle a détruit plusieurs tanks et canons et fait apparemment une quinzaine de morts parmi les militaires syriens, n’aura pas suffi à calmer l’artillerie de Bachar el-Assad.

Ce nouvel incident était d’ailleurs prévisible, puisque Damas ne compte pas renoncer à pourchasser les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL), surtout - comme c’est le cas à Akçakale - quand elle contrôle un poste frontière.

De toute façon, l’ultimatum de la Turquie n’a pas vraiment fait long feu puisque dès le lendemain, vendredi, plusieurs obus étaient déjà tombés en territoire turc, dans la province d’Antioche, sans faire ni dégât ni victime.

Le chef de la diplomatie Ahmet Davutoglu avait beau rappeler, samedi encore, que l’armée turque répliquerait à chaque violation de son territoire - ce qu’elle a fait à chaque fois, et encore ce dimanche -, les combats le long de la frontière et les bombardements ne cessent pas, avec parfois ces obus perdus qui tombent du côté turc.

Ankara continue en tout cas de masser hommes et matériel tout le long de la frontière, car, comme le rappelait le Premier ministre Tayyip Erdogan, si on veut la paix, il vaut mieux se préparer à la guerre. Une guerre qui, comme il le reconnaissait lui-même aussi, n’est plus très loin désormais.

 

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