SYRIE

Syrie: l'armée accusée par des ONG de continuer à utiliser des bombes à sous-munitions

Les rebelles affirment avoir ramassé ces bombes à sous-munitions après les bombardements de l'armée régulière, le 17 octobre 2012.
Les rebelles affirment avoir ramassé ces bombes à sous-munitions après les bombardements de l'armée régulière, le 17 octobre 2012. REUTERS/Shaam News Network

Alors que les bombardements se poursuivent en Syrie, l'Observatoire syrien des droits de l'homme et Human Rights Watch (HRW) accusent l'armée régulière d'avoir utilisé ces derniers jours des bombes à sous-munitions. Il s'agit de conteneurs remplis de plusieurs mini-bombes qui sont larguées sur de larges périmètres et peuvent exploser en différé faisant davantage de victimes. HRW exhorte la population à ne pas s'approcher des sous-munitions au sol.

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Les bombes à sous-munitions sont composées d'un conteneur comme une roquette, une bombe, un obus ou un missile. A l'intérieur, des centaines de mini-bombes - jusqu'à 650 - sont introduites. On les appelle aussi sous-munitions. Aujourd'hui, selon l'organisation humanitaire HRW, l'armée de Barchar el-Assad largue ce type de bombes sur les rebelles et civils dans le nord du pays.

Nadi Mouri, responsable Moyen-Orient chez Human Rights Watch l'affirme : « Nous avons documenté maintenant l’utilisation des bombes à sous-munitions dans nombre de provinces syriennes, incluant Idleb et Maaret al-Noomane mais aussi à Deir Ezzor, la province de Homs, ainsi que près de Damas. Depuis notre rapport du 14 octobre, on a documenté plus de 14 nouvelles attaques de bombes à sous-munitions. (Et) donc depuis hier soir [jeudi 18 octobre, ndlr], cette quinzième attaque qui est à Maaret al-Noomane.»

Selon Nadi Mouri, ces armes sont anciennes et bannies par la communauté internationale. « Ces bombes ne sont pas russes mais elles sont produites du temps de l’Union soviétique. Nous avons eu recours à des experts qui ont regardé toutes les preuves qu’on a. »

D'après les éléments recueillis par l'organisation humanitaire, il est possible d'identifier la provenance de ces bombes. Le responsable Moyen-Orient chez Human Rights Watch assure qu'il y a « deux types de bombes à sous-munitions appelées RBK, qui ont été produites durant les années 70 et 80. Beaucoup ont été produites dans une usine soviétique qui a le numéro de référence 55. Nous essayons toujours de déterminer où était présente cette usine de bombes. »

En attendant de réussir à localiser le lieu de production de ces bombes, Nadi Mouri appelle les Syriens à la prudence : « Nous sommes en train de répéter à tous les activistes syriens de relayer le message, de dire à tout le monde de ne pas toucher ces bombes, et notamment de dire aux enfants de ne pas s’(en) approcher. » 

En effet, ultra-sensibles, ces bombes à sous-munitions n'explosent pourtant pas toujours à l'impact au sol. Selon Handicap International, 5% à 40% n'explosent pas et se tranforment de fait en mines antipersonnel. Il suffit alors d'un geste pour que la bombe à  sous-munitions ne se désintègre et fasse encore des victimes. La vigilance est d'autant plus importante que les munitions peuvent être confondues avec des rations alimentaires ou des jouets. De plus, la force de frappe de ces bombes est immense car elles peuvent se disperser sur de vastes territoires.

De son côté, le régime de Bachar el-Assad affirme ne pas utiliser ces bombes. L'armée poursuit ses raids aériens meurtriers sur les bastions de rebelles, s'acharnant sur la ville clé de Maaret al-Noomane.

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