Union européenne

Le Prix Sakharov décerné à deux opposants iraniens

L'avocate Nasrin Sotoudeh et le cinéaste Jafar Panahi.
L'avocate Nasrin Sotoudeh et le cinéaste Jafar Panahi. AFP PHOTO/ARASH ASHOURINIA

Le Parlement européen a choisi, ce vendredi 26 octobre, deux Iraniens, l'avocate Nasrin Sotoudeh et le cinéaste Jafar Panahi comme lauréats du Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit 2012. Tous deux sont condamnés à de lourdes peines de prison dans leur pays. 

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Avec notre correspondante à Strasbourg, Anja Vogel

Nasrin Sotoudeh est en grève de la faim en ce moment (...), Jafar Panahi est chez lui, mais ne peut pas sortir de chez lui.

Shalah Nahid

Nasrin Sotoudeh est avocate, Jafar Panahi, cinéaste. Tous deux sont Iraniens et luttent pour la liberté, ce qui leur vaut d'être sanctionnés par les autorités de Téhéran. Mais ce vendredi, ils sont co-lauréats du prix Sakharov, l'équivalent du prix Nobel de la paix, remis par le Parlement européen.

Un choix dans la lignée des actions que défend le Parlement européen à travers ce prix pour la liberté de l’esprit, à savoir soutenir des personnes opprimées dans leur pays et qui luttent au péril de leur vie. Un choix fait à l'unanimité des groupes politiques. L’an dernier, le prix avait rendu hommage à plusieurs militants du « printemps arabe ». Cette fois encore, c'est la volonté du Parlement de trouver un équilibre entre critiques d’un régime et tentatives de dialogue qui s'exprime.

Interdiction d'exercer leur métier

L’avocate Nasrin Sotoudeh, qui avait défendu des militants d’opposition après l’élection présidentielle de 2009, est toujours en prison. Elle a été condamnée à onze ans de détention pour atteinte à la sûreté de l’Etat.

Le cinéaste Jafar Panahi, dont les films ont été maintes fois primés à l’étranger, a été condamné à six ans de prison en 2010 pour avoir soutenu le candidat d’opposition Mirhossein Moussavi.

Le but est vraiment d'ouvrir une petite porte de dialogue sur la question des droits de l'homme.

Isabelle Durant

Il est assigné à résidence et n’a plus le droit de faire des films en Iran. Il avait remporté la caméra d’or à Cannes en 1995. Gilles Jacob, le président du festival, s’est d’ailleurs immédiatement félicité de ce prix qui renforce, selon lui, le combat de Jafar Panahi.

Les deux autres finalistes étaient le militant biélorusse des droits de l’homme Ales Bialiatski et les Pussy Riot, mais la droite démocrate chrétienne était farouchement opposée à l’idée de décerner le prix à des activistes punk qui violent la solennité des églises.

Le prix, doté de 50 000 euros, sera officiellement remis en décembre, probablement en l’absence des lauréats puisqu’ils n’ont pas le droit de quitter le pays. Une délégation du Parlement européen part demain pour une visite officielle contestée en Iran. La droite craignait d’être instrumentalisée par le régime, mais les cinq eurodéputés exigent de pouvoir rencontrer les deux lauréats.

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