Syrie

Syrie : la trêve mise à mal par deux attentats et de nombreux affrontements

Un attentat à la voiture piégée a fait 5 morts et une trentaine de blessés dans le quartier de Daf Chawk. Damas, le 26 octobre 2012.
Un attentat à la voiture piégée a fait 5 morts et une trentaine de blessés dans le quartier de Daf Chawk. Damas, le 26 octobre 2012. Photo AFP / Ho Syrian revolution general commission

En Syrie, quarante-sept personnes ont été tuées ce vendredi 26 octobre, au premier jour d'une trêve pour l’Aïd al-Adha. Une voiture piégée a explosé devant une mosquée de Damas. Un autre attentat a été perpétré à un barrage à Deraa, dans le Sud. Ces attentats surviennent alors qu'armée et rebelles s'étaient engagés - à l'appel de l'émissaire international Lakhdar Brahimi - à faire taire leurs armes durant la célébration de la fête musulmane du Sacrifice (*). La trêve n'aura tenu que quelques heures ce matin. Plusieurs affrontements ont éclaté un peu partout dans le pays. Les tirs d'armes lourdes et de mortiers ont été entendus de la Turquie voisine.

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Un attentat à la voiture piégée a fait au moins cinq morts et une trentaine de blessés dans un quartier sunnite de Damas. L’attentat a eu lieu près d'une aire de jeux pour enfants à Daf al-Chok, un quartier résidentiel du sud de la capitale syrienne. L'attaque a fait cinq morts et trente-deux blessés, selon un bilan provisoire de la télévision syrienne et de l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Des enfants figureraient parmi les victimes.

Dans la ville méridionale de Deraa, trois soldats sont morts et huit autres ont été blessés dans l'explosion d'une voiture piégée, selon l’OSDH. La voiture a explosé à un barrage situé près de la gare où se tenaient des soldats en faction.

Dès les premières heures de la trêve

Avant ces deux attentats, la trêve a été violée à plusieurs reprises dans la capitale, à Alep et dans d’autres régions en Syrie.

Les combattants du front Al-Nosra ont ainsi attaqué vendredi matin la base militaire de Wadi Deif dans la province d’Idleb. Dix soldats et quatre rebelles sont morts, selon l'OSDH. L’armée régulière aurait riposté en bombardant un village voisin. Mercredi, ce groupe de jihadistes a clairement rejeté l’initiative de la trêve proposée par le médiateur des Nations unies. Cette décision a entraîné, dès les premières heures de la trêve, une rupture du cessez-le-feu.

Du coup, les combats ont regagné la plupart des villes syriennes. A Damas, des tireurs embusqués ont tué deux civils. Un obus a également fait un mort près de Arasta, dans la province de la capitale.

Alep : des rues vides malgré la fête

A Alep, des rebelles ont tenté de prendre une position militaire dans le quartier Syrian, mais ont été repoussés, selon des habitants et une source militaire. Ils ont tiré deux obus, l'un a touché un immeuble et le second est tombé à proximité de l'Hôpital français, tenu par l'armée.

Les rues étaient désertes dans la grande ville commerçante où la foule se pressait d'ordinaire dans les magasins, les marchés et les restaurants au premier jour de l'Aïd al-Adha.

Selon nos informations, il n'y a pas eu de bombardements à Damas ou dans sa périphérie

Maaz al-Shami

L'armée annonce des ripostes

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, l’armée loyaliste n’aurait pas non plus respecté la trêve.

En début d'après-midi, l'armée a annoncé qu'elle avait engagé des ripostes à des attaques rebelles. Les forces du régime affirmant répondre à des « violations » commises par « des groupes armés ». Des soldats auraient tiré sur des rebelles près de la frontière avec la Turquie.

La pause des combats avait pourtant bien commencé ce vendredi matin, le calme semblait régner dans la plupart des régions. Cette trêve devait durer jusqu’à lundi. Elle est désormais compromise. Comme celle du mois d’avril dernier, elle n’a été respectée que durant quelques heures avant de voler en éclats.


(*) La fête musulmane commémorant la fin du grand pèlerinage possède différentes appellations selon les régions du monde. Dans les pays arabes, la fête est l’Aïd el-Adha, soit la fête du sacrifice. Au Maghreb comme au Proche-Orient, elle est également appelée Aïd el-Kébir, la grande fête, par opposition à l’Aïd el-Saghir, la petite fête (appelée aussi Aïd el-Fitr). En Afrique de l’Ouest, c’est le mot Tabaski, voire fête du mouton, qui l’emporte ; tandis qu’en Russie elle est appelée Bourban Baïran. Quel que soit son nom, c’est la fête la plus importante du calendrier musulman.

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