Royaume-Uni / Jordanie

Grande-Bretagne : suspension de l’extradition de l’islamiste Abou Qatada vers la Jordanie

Abou Qatada, ici le 17 avril 2012, ne sera finalement pas extradé de la Grande-Bretagne vers la Jordanie.
Abou Qatada, ici le 17 avril 2012, ne sera finalement pas extradé de la Grande-Bretagne vers la Jordanie. REUTERS/Stefan Wermuth/Files
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Abou Qatada ne sera pas extradé de Grande-Bretagne vers la Jordanie, du moins pas dans l’immédiat. L’islamiste, qui avait fait appel contre son extradition, vient de l’emporter. La justice, qui vient d'ordonner sa libération sous caution, lui a donné raison. C’est un nouveau round perdu pour le gouvernement britannique, dans cette bataille qui dure depuis maintenant près de dix ans.

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Avec notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix

La ministre Theresa May est en fait furieuse. Surtout que l’autre mauvaise nouvelle pour le gouvernement, qui est tombée ce lundi 12 novembre à midi, c’est que ces mêmes juges veulent libérer Abou Qatada sous condition, arguant qu’il est détenu depuis 2002, sans jamais, finalement, avoir été inculpé.

Leur décision, c’est effectivement un énième épisode de cette interminable bataille. Mais depuis quelques mois, le gouvernement britannique, qui cherche désespérément à se débarrasser de ce détenu encombrant, a accéléré le tempo.

Theresa May doit donner sa réponse à ce nouveau jugement, cet après-midi devant le Parlement. Mais elle a déjà fait savoir qu’elle comptait bien faire appel de cette décision, ce qui pourrait prendre plusieurs mois.

Il existe pourtant une autre option, mais que la ministre rechigne à considérer, pour le moment, malgré une forte pression politique, c’est de tout simplement ignorer ces décisions de justice, et de mettre de force dans un avion Abou Qatada, direction la Jordanie.

Cette solution extrême est tentante, d’autant qu’elle serait très populaire au sein de la classe politique et de l’opinion britannique, exaspérées devant l’impuissance de leur gouvernement à extrader un homme, considéré un temps comme le chef spirituel d’al-Qaïda en Europe, et dont les frais juridiques pour sa défense sont payés par le contribuable depuis des années.

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