Yémen

Yémen : le chef de l'Etat réorganise l'armée pour écarter les partisans de l'ex-président Abdallah

Le président yémenite Abd Rabbo Mansour Hadi a décidé de restructurer l'armée.
Le président yémenite Abd Rabbo Mansour Hadi a décidé de restructurer l'armée. REUTERS/Khaled Abdullah

Le chef de l'Etat Abd Rabbo Mansour Hadi a décidé de restructurer l'armée pour limiter le pouvoir des proches de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, qui a dû quitter le pouvoir en novembre 2011 après 33 ans de règne. Cette réforme a été accueillie positivement par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui est garant de la transition du Yémen. Cette restructuration va également dans le sens des recommandations émises par le Conseil de sécurité de l'ONU, qui menaçait de sanctions ceux qui mettraient en danger le processus de transition.

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C'est une nouvelle audacieuse. Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi a pris seul la décision de restructurer l'armée. Le but, éviter que des proches de l'ancien président, Ali Abdallah Saleh, n'ait un rôle prépondérant dans les structures militaires.

Ainsi, la puissante garde républicaine, une unité d'élite commandée jusqu'alors par l'un des fils d'Ali Abdallah Saleh a disparu littéralement de l'organigramme. Désormais, l'armée yéménite sera répartie en quatre corps : armée de terre, armée de l'air, marine et gardes-frontières.

Cette réforme devrait permettre de mettre fin aux entraves à la transition de la part des anciens proches de l'ex-président et accélérer le processus démocratique.

Par ailleurs, Abd Rabbo Mansour Hadi a décidé de placer sous son autorité directe trois nouvelles entités: la garde présidentielle, les opérations spéciales et une unité chargée des missiles. Ces deux dernières étaient également placées jusqu'à présent sous l'autorité du fils de l'ancien président.

Cette restructuration a été accueillie avec joie, puisque des dizaines de milliers de personnes sont sorties manifester leur soutien au président Mansour Hadi à Sanaa, la capitale yéménite.

Reste que cette décision sera compliquée à faire respecter car la puissance militaire au Yémen n'est pas seulement détenue par l'Etat. Chaque tribu dispose de groupes lourdement armés qui sont à même de contester l'autorité présidentielle.

 

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