Syrie / Russie

Syrie : Lakhdar Brahimi et la Russie cherchent la voie vers un «changement réel»

Face à la presse, l'émissaire de l'ONU Lakhdar Brahimi rapporte son entrevue avec le président syrien Bachar el-Assad le 24 décembre 2012 à Damas.
Face à la presse, l'émissaire de l'ONU Lakhdar Brahimi rapporte son entrevue avec le président syrien Bachar el-Assad le 24 décembre 2012 à Damas. REUTERS/Khaled al-Hariri

C'est la Russie qui est cette semaine au cœur des négociations sur la crise syrienne. Une délégation syrienne, menée par le vice-ministre des Affaires étrangères Fayçal Mokdad, est arrivée à Moscou. Elle devait rencontrer ce jeudi 27 décembre le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. L'émissaire international Lakhdar Brahimi se rendra à Moscou samedi.

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Avant de quitter la Syrie pour le Liban, puis pour la Russie en fin de semaine, Lakhdar Brahimi a de nouveau appelé au changement depuis Damas. Un changement qui ne doit pas être « cosmétique ou artificiel » mais bien « réel », a-t-il insisté.

L'émissaire international plaide pour la formation d'un gouvernement de transition ayant les pleins pouvoirs, jusqu'à la tenue d'élections présidentielle ou parlementaires. Une proposition qui était déjà au cœur de l'accord de Genève. Un plan de transition politique en six points, adopté fin juin par le Groupe d'action sur la Syrie, sous les auspices de Kofi Annan... Ce plan, qui ne précisait pas quel serait le sort de Bachar el-Assad, est depuis resté lettre morte.

Aujourd'hui, Lakhdar Brahimi ne donne pas davantage de précisions sur le rôle que pourrait jouer le président syrien dans une telle transition. Après Moscou, l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe a lui aussi démenti l'existence d'un accord russo-américain prévoyant un maintien au pouvoir de Bachar el-Assad jusqu'en 2014. Mais il en faudra plus pour convaincre l'opposition syrienne. Pour les militants, toute négociation avec le régime actuel est exclue. Un régime qui n'a pas non plus manifesté son adhésion à ce plan de sortie de crise.

La rencontre a été tenue secrète mais le quotidien en arabe al Quds a révélé l’information ce jeudi 27 décembre. Rappelons que les deux hommes se sont déjà rencontrés et que la paix a été signée entre les deux pays en 1994. Les deux pays sont aussi des alliés des Etats-Unis. 1 500 soldats des forces spéciales américaines sont à pied d‘œuvre en Jordanie pour aider dans le dossier syrien. Enfin, militairement, le conflit syrien ne leur laisse pas vraiment le choix. La frontière nord d’Israël et de la Jordanie longe le sud de la Syrie. La situation est très tendue. L’armée régulière contrôle encore le sud du pays. Car nous sommes tout proche de Damas, la capitale. Des tirs syriens atteignent les villages jordaniens.

L’Etat d’Israël et la Jordanie craignent que le stock d’armes chimiques soit utilisé contre la population ou par des rebelles islamistes. Il s’agit donc aujourd’hui de localiser ces stocks. Si la rencontre a été tenue secrète, c’est sans doute pour ménager les susceptibilités. Mais la coopération militaire a déjà commencé. Des drones israéliens surveillent la frontière jordanienne. Les services de renseignements jordaniens échangent leurs informations sur les mouvements de troupes. L’armée jordanienne assiste des formateurs, qui entraînent des officiers et soldats déserteurs syriens au combat anti-aérien.

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