France / Turquie

Des milliers de Kurdes réunis à Paris après l'assassinat de trois militantes du PKK

Quinze mille Kurdes venus de toute l'Europe ont manifesté, ce samedi 12 janvier, devant le Gare de l'Est à Paris.
Quinze mille Kurdes venus de toute l'Europe ont manifesté, ce samedi 12 janvier, devant le Gare de l'Est à Paris. REUTERS/Christian Hartmann
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les Kurdes d’Europe se sont déplacés en nombre ce samedi 12 janvier à Paris. Quatre jours après l'assassinat de trois militantes kurdes liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans les locaux de leur association parisienne, près de15 000 personnes venues de toute l'Europe ont brandi les drapeaux verts, roses et jaunes du Kurdistan. Parmi leurs revendications : le droit à la vérité sur cette affaire, mais aussi la poursuite des négociations avec le gouvernement turc en vue d'un processus de paix au Kurdistan, région de conflit politique et territorial.

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Selon la police française, ils étaient 15 000, réunis sous la pluie dans le nord de Paris, dans un cortège où ce qui frappait le plus au premier abord était le nombre de conversations en allemand et la quantité de poussettes.

Les Kurdes étaient venus en nombre, d'Allemagne ou d'Angleterre, qu’ils soient étudiants, jeunes couples ou bien femmes et hommes plus âgés, pour manifester aux côtés des associations. Sur les banderoles, il était écrit : « Ces trois assassinats renforcent notre lutte ».

Revendications et défiance

« On demande tout simplement qu’on nous écoute, explique Firat, qui est venu en bus avec d'autres kurdes du nord-est de la France, et que ces trois femmes mortes mercredi ne soient pas mortes pour rien. On n’a pas réussi à régler cette guerre depuis trente ans, on veut que les politiciens et l’Europe nous aide à régler ce conflit.»

L’autre revendication des manifestants était l’amélioration des conditions de détention du militant kurde Ocalan, leader du PKK, condamné à mort en 1999 puis à la prison à vie en 2002 et emprisonné en Turquie sur une « île-prison ».

Le cortège était pacifique mais méfiant, en particulier vis-à-vis des médias français. « Il y a eu une désinformation depuis trois jours dans les médias français qui reprennent le discours du gouvernement turc, qui accuse les Kurdes eux-mêmes du meurtre en parlant de règlement de compte ! », accuse Tsingueul, une étudiante kurde vivant à Paris et qui pense que les services secrets turcs sont responsables de l’assassinat.

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