Egypte

Le juge chargé du nouveau procès Moubarak s'est dessaisi de l'affaire

Hosni Moubarak, le 13 avril 2013 aux assises.
Hosni Moubarak, le 13 avril 2013 aux assises. AFP PHOTO / EGYPTIAN TV
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Ce samedi 13 avril, Hosni Moubarak est arrivé au tribunal dans la même posture qu'il y a un an et demi, alité sur une civière, des lunettes de soleil sur le nez. Puis son deuxième procès a commencé, mais juste assez longtemps pour que le juge qui en était chargé se récuse, dès l’ouverture de la séance. Celui-ci a donc ordonné le renvoi du dossier devant la cour d’appel du Caire afin qu'elle charge de l'affaire une nouvelle chambre de la cour d’assises. Lors de son premier procès, l'ancien raïs avait été condamné à la prison à perpétuité, pour sa responsabilité dans la mort de plusieurs centaines de personnes lors de la révolution de 2011.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

La décision de Moustafa Abdallah a pris de court les avocats des parties civiles. Car ces derniers réclamaient qu'il soit dessaisi de l’affaire.

La décision du juge Abdallah est dictée par le fait qu'il avait présidé au procès dit de « la bataille du dromadaire », qui avait eu lieu début février 2011 entre les partisans d'Hosni Moubarak et les manifestants de la place Tahrir. Tous les accusés proches de l’ex-président avaient été relaxés par le juge Abdallah, faute de preuves.

Moubarak sourit dans son box

Ce nouveau report ne va pas être du goût des parents des victimes, qui craignent que Hosni Moubarak ne finisse par être libéré du fait qu’il a dépassé la période maximale de garde à vue.

L'ancien président est apparu détendu et souriant. Il a même salué ses supporters depuis son box des accusés.

Hosni Moubarak, le 13 avril 2013 en cour d'assises au Caire.
Hosni Moubarak, le 13 avril 2013 en cour d'assises au Caire. AFP PHOTO/EGYPTIAN TV

L’ex-raïs et ancien commandant en chef de l’armée de l’air, qui est détenu à l’hôpital militaire de Méadi au Caire, sait qu’une partie croissante de l’opinion estime que la situation était moins mauvaise de son temps que du temps du premier président civil élu démocratiquement.

Pourquoi un deuxième procès ?

L'audience de ce samedi se justifiait par une décision prise au niveau de la cour de cassation. Cette dernière avait estimé que la cour d’assises qui avait jugé Moubarak la première fois n’avait pas pris en compte certains éléments du dossier, que ce soit en ce qui concerne la défense ou l’accusation.

Avant ce nouveau rebondissement, on s'apprêtait donc à reprendre le procès à zéro, devant cette nouvelle chambre de la cour d’assises. Les accusations étant toujours les mêmes : responsabilité dans la mort des manifestants tués lors du soulèvement de 2011, et corruption. Les accusés étant également les mêmes : l’ancien président Moubarak et ses deux fils, ainsi que son ancien ministre de l’Intérieur et ses assistants.

Les accusés lors du premier procès Moubarak, le 3 août 2011 au Caire.
Les accusés lors du premier procès Moubarak, le 3 août 2011 au Caire. REUTERS/Stringer

Contexte radicalement différent

Même si certains le souhaitent, il semble très difficile d'imaginer que l’ex-président Moubarak soit finalement condamné à mort.

Le procès Moubarak ne suscite pas l’engouement de la population. Il faut dire que les choses ont empiré depuis la révolution et l'avènement de Mohamed Morsi : crise du tourisme, chômage, grèves à répétition, pénurie de diesel, pannes d’électricité... et surtout montée de l’insécurité.

Et ce, sans même parler des reproches faits par l’opposition concernant la répression de la liberté d’expression et la falsification du référendum sur la nouvelle Constitution islamiste.

Des partisans de Hosni Moubarak manifestent leur soutien à l'ancien président le jour de l'ouverture de son deuxième procès, samedi 13 avril 2013 au Caire.
Des partisans de Hosni Moubarak manifestent leur soutien à l'ancien président le jour de l'ouverture de son deuxième procès, samedi 13 avril 2013 au Caire. PHOTO/GIANLUIGI GUERCIA

 

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