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Liban

Premier mariage civil au Liban

Nidal et sa femme Khouloud, à Beyrouth, le 26 avril 2013
Nidal et sa femme Khouloud, à Beyrouth, le 26 avril 2013 REUTERS/Mohamed Azakir
Texte par : RFI Suivre
2 mn

Après des semaines d’attente, les jeunes Libanais Khouloud Sukkariyeh et Nidal Darwiche savourent leur victoire. Le mariage civil au Liban de ce couple sunnito-chiite a été reconnu par le ministère de l’Intérieur jeudi dernier. C’est une première dans ce pays au système confessionnel, où le statut personnel est régi par la religion. Jusqu’ici, seuls les mariages civils contractés à l’étranger étaient acceptés au Liban. Khouloud et Nidal ont fait appel à un article de loi hérité des années du mandat francais pour pouvoir se marier au Liban.

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Avec notre correspondante à Beyrouth, Laure Stephan

Khouloud et Nidal, la trentaine, militent depuis l’adolescence pour un Etat civil au Liban. Ils sont croyants tous les deux, mais rêvent de laïcité. Khouloud est persuadée que la reconnaissance de leur mariage va faire jurisprudence au Liban.

« Plusieurs couples se préparent à se marier bientôt civilement au Liban, explique-t-elle. Nous ne nous sommes pas battus, nous n’avons pas attendu tout ce temps pour notre cas personnel, mais parce que c’est une revendication de la société libanaise. Notre exemple va faire jurisprudence, et tout mariage civil pourra être reconnu si les époux suivent la même procedure que nous. »

« ll choisira à sa majorité ... »

Pour pouvoir se marier civilement au Liban, le couple a retiré la mention de sa communauté d’appartenance des registres de l’Etat civil. Il est déterminé à le faire, aussi, pour leur enfant, alors que Khouloud est enceinte.

« Nous enregistrerons notre enfant comme citoyen libanais, pas sur le registre d’une communauté, poursuit Khouloud. Il choisira à sa majorité s’il veut être rattaché à une confession. Et pour les autres affaires, comme le divorce, nous suivrons la loi civile francaise, qui a permis notre mariage. »

Fortes oppositions

D’abord réticentes à leur demarche, les familles des jeunes mariés se réjouissent aujourd’hui avec eux. La reconnaissance du mariage de Khouloud et Nidal a suscité un espoir au sein de la société civile. Mais de fortes oppositions demeurent au Liban.

« Le principal obstacle au mariage civil, ce sont les leaders religieux, regrette Nidal. Depuis 1951, il y a eu plusieurs tentative de faire voter une loi qui permette que le statut personnel ne soit plus régi par les communautés. Mais cela n’a jamais été approuvé, à cause de l’opposition des chefs religieux. » 

Leur mariage civil est en effet un choix personnel, mais aussi un acte militant. Sa reconnaissance par les autorités libanaises va faire jurisprudence, espère Khouloud.

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