Syrie

Syrie: pourquoi la vidéo de l’éviscération a-t-elle émergé du flot quotidien d’images d’horreurs ?

La vidéo d'Abu Sakkar mutilant le cadavre d'un soldat syrien a été diffusée largement, floutée, par un réseau militant en faveur du régime.
La vidéo d'Abu Sakkar mutilant le cadavre d'un soldat syrien a été diffusée largement, floutée, par un réseau militant en faveur du régime. DR / Capture d'écran

La vidéo montrant un rebelle syrien éviscérant un soldat mort en Syrie continue de susciter l'indignation. Washington se dit horrifié. À l'ONU, Navi Pillay, Haut commissaire aux droits de l'homme, rappelle que mutiler des cadavres lors d'un conflit constitue un «crime de guerre» et en appelle à la Cour pénale internationale. Pourtant, cette vidéo n'est pas un cas unique.

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Aujourd'hui encore, on peut voir sur Internet ce qui semble être une exécution sommaire de trois hommes présentés comme des « chabiha », des miliciens à la solde du régime.

Les images montrant des gens poignardés à mort, ou des cadavres charriés par des égouts sont malheureusement récurrentes dans le conflit syrien. Et ce genre de vidéo met en scène aussi bien des opposants syriens que des soldats du régime ou des « chabiha ».

Horreur authentifiée

Pourquoi les images de ce rebelle, Abu Sakkar, font-elles autant parler d'elles ? D'abord, parce qu'elles sont particulièrement dures, voir quelqu'un arracher le cœur d'un cadavre et le porter à sa bouche est profondément choquant.

Mais les médias s'en sont aussi fait l'écho parce que cette vidéo a été authentifiée. Abu Sakkar a été reconnu par plusieurs journalistes qui l'avaient rencontré sur le terrain. Il a également revendiqué son geste dans un entretien au magazine Time.

Dans la plupart des cas, les vidéos qui circulent sur le net ne sont pas vérifiables. Il peut s'agir de montages, destinés à décrédibiliser une des parties au conflit et à manipuler l'opinion publique.

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