Syrie

Syrie: l’opposition réunie pour trois jours à Istanbul n’a «aucun poids», selon certains militants

Moaz al-Khatib, ancien président de la coalition de l’opposition syrienne, à son arrivée à l’ouverture d’une réunion de l’opposition à Istanbul, ce jeudi 23 mai.
Moaz al-Khatib, ancien président de la coalition de l’opposition syrienne, à son arrivée à l’ouverture d’une réunion de l’opposition à Istanbul, ce jeudi 23 mai. REUTERS/Bulent Kilic

Les groupes de l’opposition syrienne ont entamé jeudi 23 mai à Istanbul, en Turquie, une réunion de trois jours portant notamment sur la participation ou non de la coalition à une conférence de paix internationale, dite « Genève 2 ». Mais pour certains militants syriens des droits de l’homme restés en Syrie, cette opposition de l’extérieur n’a aucun poids. Selma est de ceux-là.

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Selma a une trentaine d’années. Elle travaillait pour le centre syrien pour les médias et la liberté d’expression, dont tous les membres à Damas ont été arrêtés en février 2012. Son directeur, Mazen Darwish, vient d’être condamné pour terrorisme. Elle a pu lui rendre visite en prison. « Je ne pense pas que l’on puisse être optimiste. Ils ne font que gagner du temps avec ce procès. En fait, ils préfèrent le garder en prison. Ils ne vont pas le tuer, ils ne vont pas le libére, juste le garder », juge la jeune femme.

Un scénario « à la yéménite »

Selma a décidé de rester à Damas. Selon elle, la Syrie pourrait s’engager sur un scénario « à la yéménite », avec des discussions sur le futur président au printemps prochain, pour des élections présidentielles en 2014.

Mais, pour Selma, l’opposition de l’extérieur n’a aucun poids. « Ils continuent de faire des réunions, mais la solution n’est pas entre leurs mains. Ils n’ont aucun pouvoir, pas d’argent, pas la puissance d’une armée. Ils ne font que demander de l’aide. Donc, la solution viendra soit du président Bachar el-Assad, soit de la communauté internationale. Mais pas de l’opposition », estime-t-elle.

Pour Selma, ce qui compte, aussi, c’est la mobilisation encore forte, selon elle, de ceux qui sont restés en Syrie. Mais à un prix bien trop élevé.

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