Russie / Syrie

Moscou totalement opposé à une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Syrie

Le chef de la  diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré, samedi 15 juin qu'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie serait « illégale ».
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré, samedi 15 juin qu'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie serait « illégale ». Reuters/Denis Sinyakov

Alors qu'il a été évoqué l'idée d’une zone d’exclusion aérienne au dessus de la Syrie, sans doute près de la frontière jordanienne, la Russie, qui dispose d’un droit de veto au Conseil de sécurité prévient : elle s'y opposera. Alors que Vladimir Poutine discute de ce dossier avec ses homologues du sommet du G8, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a fait cette mise au point à Moscou. Du coup, le président Obama a mis en sourdine l'idée d'une zone d'exclusion aérienne, doutant même, ce 18 juin, que cela puisse modifier le cours du conflit.

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Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio

Le porte-parole de la diplomatie russe s'est gardé de prononcer le mot veto, tout en expliquant qu’il était indispensable, aux yeux de Moscou, de ne pas répéter le scénario libyen. En s’abstenant lors du vote d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU en 2011 sur la Lybie, la Russie, dont Dmitri Medvedev était alors le président, avait, de fait, autorisé les puissances occidentales à instaurer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye, ouvrant la voie aux bombardements de positions militaires de Mouammar Kadhafi.

Discussions diplomatiques

« Nous ne voulons pas que cela se répète dans le cas du conflit syrien. Je pense qu'en principe nous ne permettrons pas ce scénario », a dit Alexandre Loukachevitch.
La Russie observe avec inquiétude les manœuvres conjointes menées par les armées jordanienne et américaine en Jordanie. La diplomatie russe y voit « une violation directe du droit international ».

Moscou, qui n’est pas prête à renoncer à ses livraisons d’armes au régime de Bachar el-Assad, répète que la seule solution au problème syrien réside dans les discussions diplomatiques. Toutes les autres pistes sont « contreproductives », affirme Alexandre Loukachevitch, tout en appelant les « partenaires occidentaux » à faire « leur part du travail », c'est-à-dire convaincre l’opposition d’accepter de discuter avec le régime. « Sans cela, précise le diplomate, les perspectives de convoquer une conférence internationale sur la Syrie nous semblent irréalisables ».

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