Liban

Liban: combats meurtriers entre armée et sunnites à Saïda

Le cheikh Ahmad el-Assir à Saïda, le 28 juin 2012.
Le cheikh Ahmad el-Assir à Saïda, le 28 juin 2012. REUTERS/Ali Hashisho

De violents combats entre l'armée libanaise et des partisans d'un imam sunnite radical ont fait des dizaines de morts et de blessés à Saïda, la troisième ville du pays à 40 kilomètres au sud de Beyrouth, hier dimanche 23 juin. Les affrontements ont éclaté après la mort de trois militaires, dont deux officiers, dans une attaque lancée par des miliciens d'Ahmad al-Assir. Le dignitaire religieux a appelé les sunnites à déserter. L'armée est déterminée à aller jusqu'au bout.

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Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

Face aux tensions alimentées par la crise syrienne, l’armée libanaise avait opté pour le compromis, la gestion au jour le jour. L’attaque contre l’un de ses check-point dans la ville de Saïda par des partisans du cheikh sunnite Ahmad al-Assir, est la goutte qui a fait déborder le vase.

Les militaires ont été assassinés de sang-froid, précise un communiqué de l’armée. La réaction est rapide. Les troupes spéciales, appuyées par des blindés, sont envoyées en renfort. L’assaut est donné contre la mosquée où sont retranchés les miliciens.

Les combats aux armes lourdes s’étendent à divers secteurs de Saïda. Selon un dernier bilan communiqué ce lundi 24 juin, au moins douze militaires libanais ont été tués. Parmi les victimes, il y a aussi des civils et des miliciens.

L'ombre de la guerre civile

Dans le même temps, l’armée demande aux politiciens de Saïda de choisir leur camp : avec l’armée ou avec la discorde et le chaos, précise un communiqué militaire. Le message est clair. L’ambiguïté des hommes politiques qui ont assuré une protection aux dignitaires religieux ces deux dernières années, est désormais inacceptable.

L’État ne peut plus cohabiter avec ce phénomène milicien, qui véhicule un discours confessionnel et qui menace de replonger le Liban dans la guerre civile.

À Beyrouth et dans d’autres villes, des partisans d’Ahmad al-Assir ont bloqué des routes à l’aide de pneus enflammés, mais la décision est prise : cette fois-ci il n’y aura pas de compromis.

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