Egypte

En Egypte, le retour en grâce de l'armée

Les militaires apparaissent comme les héros de la destitution de Mohamed Morsi.
Les militaires apparaissent comme les héros de la destitution de Mohamed Morsi. REUTERS/Louafi Larbi

Le président égyptien a été destitué. Mohammed Morsi n'est plus au pouvoir depuis mercredi soir. Il a été écarté par l'armée. L'annonce a été faite par le général Abdel Fattah al-Sissi, ministre de la Défense et chef du conseil suprême des forces armées, qui a pris soin de s'entourer de responsables civils.

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C'est une image au fort pouvoir symbolique : en associant le représentant choisi par l'opposition et deux hauts responsables religieux à son annonce de la destitution de Mohamed Morsi, le chef du conseil suprême des forces armées veut se présenter en rassembleur.

« Nous ne sommes pas intéressés par le pouvoir mais par le seul intérêt du peuple », a déclaré le général al-Sissi, avant d'annoncer qu'il confiait la responsabilité du gouvernement de transition à un civil, le président de la Cour suprême constitutionnelle.

L'armée, institution incontournable en Egypte, a joué un rôle central dans l'éviction du président élu, mais elle se positionne en arbitre et dit vouloir rassembler toutes les composantes de la société. Le général al-Sissi entend ainsi redorer l'image des militaires, ternie par la période de transition entre la chute d'Hosni Moubarak et l'élection de Mohamed Morsi.

Aujourd'hui déterminée à tirer les ficelles depuis les coulisses plutôt qu'à s'exposer, l'armée prévient cependant : elle s'opposera fermement à toute déstabilisation de l'ordre. Un ordre indispensable à la bonne tenue de ses affaires, car les militaires ont des intérêts majeurs dans l'économie du pays.

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