Egypte

Egypte: affrontements meurtriers entre pro et anti-Morsi dans les principales villes égyptiennes

Des manifestants anti-Morsi jettent des pierres à leurs opposants aux abords de la place Tahrir, au Caire, le 5 juillet 2013.
Des manifestants anti-Morsi jettent des pierres à leurs opposants aux abords de la place Tahrir, au Caire, le 5 juillet 2013. REUTERS/Asmaa Waguih

A l'issue d'une journée de manifestations des deux camps, des affrontements ont éclaté dans la soirée au Caire vendredi 5 juillet aux abords de la place Tahrir entre pro et anti-Morsi. Ces heurts auraient fait 26 morts selon un dernier bilan. De tels accrochages se sont également déroulés dans d'autres villes égyptiennes jusque dans la soirée. Les islamistes ont appelé à de nouvelles manifestations « pacifiques », ce samedi, en soutien au président déchu Mohamed Morsi.

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Avec notre correspondant et nos envoyés spéciaux,

Répondant à l’appel à un « vendredi du refus », des sympathisants de Mohamed Morsi se sont rassemblés, après la grande prière, dans différents endroits du Caire. Et notamment devant un bâtiment de la garde républicaine, où l’ancien président serait toujours détenu. C’est là que les premières victimes sont tombées. Selon plusieurs témoins, les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des manifestants qui s’approchaient du bâtiment. L’armée dément toutefois avoir tiré sur la foule.

D’autres heurts meurtriers ont éclaté en début de soirée vendredi, juste à côté de la place Tahrir. Pro et anti-Morsi se sont affrontés autour de l’immeuble de la télévision publique et sur le pont du 6 octobre, à coups de jets de pierres et de feux d’artifices. Des tirs ont également été entendus, alors que des hélicoptères continuaient à survoler les lieux.

« Nous occuperons les places jusqu’au retour du président Mohamed Morsi »

A Alexandrie, les pro-Morsi ont attaqué les opposants au président destitué place Sidi Gaber. Des coups de feu ont été entendus sur la place. Les blessés sont nombreux. L’intervention de la police à coups de gaz lacrymogène n’a pas permis de restaurer le calme et les combats se sont poursuivis dans la soirée. Le calme n’est revenu qu’après l’intervention de l’armée. Des événements qui se sont répétés dans plusieurs villes du Delta et à Suez.

Plus tôt en fin d’après-midi, Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, avait fait une allocution. « Nous occuperons les places jusqu’au retour du président Mohamed Morsi (...) et serons prêts à sacrifier nos vie pour la légitimité », a-t-il déclaré.

Dénonçant le coup d’Etat militaire, Mohamed Badie a toutefois indiqué être prêt à s’entendre avec l’armée une fois Morsi redevenu président.

Les violences s'étendent au Sinaï

Des partisans armés du président déchu Mohamed Morsi ont attaqué, vendredi 5 juillet dans la soirée, le siège du gouvernorat du nord du Sinaï, à el-Arich, avant de hisser leur drapeau sur le bâtiment, selon l'Agence France-Presse. Le bâtiment avait été abandonné après des échanges de tirs.

Plus tôt dans la journée, toujours à el-Arich, cinq policiers avaient été assassinés par balles au cours d'une attaque à moto. Un soldat a également été tué lors d'une attaque à la roquette contre un bâtiment du génie militaire et un poste de police, au niveau du passage de Rafah. Le passage a été fermé par les forces de l'ordre égyptiennes.

Le nouveau président par intérim Adly Mansour a décrété le couvre-feu dans la région où, selon de bonnes sources, se trouveraient quelque trois mille djihadistes égyptiens, palestiniens et étrangers.

Avec nos envoyés spéciaux,

Les affrontements auront duré plus de deux heures aux abords de la place Tahrir, hier soir vendredi. Tout a débuté lorsque des militants islamistes se sont approchés de la place emblématique de la révolution égyptienne.

« C’était des partisans de Morsi, ils voulaient aller au siège de la télévision nationale, explique un anti-Morsi. Et nous on était là, à Tahrir, ils ont commencé à nous défier, alors les hommes de Tahrir ont voulu se défendre ».

Les militants islamistes et les jeunes de la place Tahrir s’affrontent à coups de pierres, de pétards et de cocktails molotov, mais il y a également des tirs à l’arme automatique.

« C’est sûr que c’est l’ancien pouvoir et Mohammed Morsi qui est derrière tout ça parce qu’ils étaient bien armés ! Commente un homme. Ils veulent nous faire peur ! C’est leur dernière option : ils veulent nous terroriser ».

Après deux heures de bataille, l’armée finit par intervenir. L’apparition des blindés entraîne aussitôt la dispersion des militants pro-Morsi. Les jeunes de la place Tahrir se lancent dans un défilé de victoire. Sur le pont du 6 octobre, plusieurs véhicules incendiés témoignent encore de la violence des affrontements.


 

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