Egypte

Egypte: sur la place Tahrir, les anti-Morsi affichent leur soutien à l'armée

Un manifestant sur la place Tahrir, le dimanche 7 juillet, brandit une pancarte insistant sur le caractère populaire des événements qui se sont déroulés ces derniers jours.
Un manifestant sur la place Tahrir, le dimanche 7 juillet, brandit une pancarte insistant sur le caractère populaire des événements qui se sont déroulés ces derniers jours. AFP PHOTO / KHALED DESOUKI

L'Egypte est toujours dans l'attente de son Premier ministre. Dans un premier temps, la nomination de Mohamed el-Baradei avait été annoncée avant d'être démentie quelques heures plus tard, sous la pression de al-Nour, un parti islamiste influent. Ce dimanche 7 juillet dans la soirée, la place Tahrir est de nouveau occupée par des milliers d'opposants au président Morsi, destitué par l'armée il y a de cela quatre jours. Une manifestation qui semble être un soutien à l'armée. Les anti-Morsi parlent en effet de « révolte populaire » et rejettent la formule de « coup d'Etat ».

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Avec no envoyé spécial au Caire, Daniel Vallot

L'armée a profité de cette manifestation pour offrir à la place Tahrir une sorte de meeting aérien. Pendant une demi-heure environ, deux escadrilles de l'armée de l'Air égyptienne ont effectué une série de pirouettes au-dessus de la place Tahrir, dessinant dans le ciel le drapeau égyptien et provoquant à chaque passage une immense clameur de joie.

« Tahrir est venue apporter son soutien au général al-Sissi », affirme ainsi un manifestant anti-Morsi, qui brandit un portrait du chef d'état-major égyptien. C'est la grande nouveauté de cette manifestation : le nombre incroyable de portraits à l'effigie de celui que l'on appelle ici le « sauveur de la révolution », et que l'on veut remercier encore une fois pour avoir déposé mercredi soir le président élu Mohamed Morsi.

« Révolte populaire »

Les anti-Morsi insistent d'ailleurs beaucoup sur ce point. Ils parlent de « révolte populaire » et rejettent la formule de « coup d'Etat militaire ». C'est un sujet de plus en plus délicat à aborder, car ils ne comprennent pas que l'on puisse parler de coup d'Etat pour évoquer ce qui s'est déroulé mercredi soir sur la place Tahrir.

Le général Abdelfatah al-Sissi annonce la destitution de Mohamed Morsi à la télévision égyptienne, le 3 juillet 2013
Le général Abdelfatah al-Sissi annonce la destitution de Mohamed Morsi à la télévision égyptienne, le 3 juillet 2013 AFP/EGYPTIAN TV

La majorité des manifestants assurent que l'armée n'a fait qu'accompagner une révolte populaire qui aurait de toute façon submergé Mohamed Morsi.

Un chiffre est systématiquement avancé, celui des 30 millions de manifestants qui auraient défilé contre Morsi le 30 juin dernier.

Les portraits du général Sissi sont très populaires dorénavant sur Tahrir, mais il y a également beaucoup de banderoles qui proclament le caractère populaire de cette transition.

Des affiches anti-américaines sont également très nombreuses, car on reproche beaucoup ici à Washington de ne pas soutenir le processus en cours.


De l'autre côté, des milliers de partisans de Mohamed Morsi ont de nouveau manifesté devant la caserne où serait détenu le président islamiste destitué.

Par ailleurs, dans le nord du Sinaï, on a appris que des hommes armés avaient  attaqué ce dimanche 7 juillet quatre points de contrôle des forces de sécurité à Sheikh Zouaid, non loin des frontières de la bande de Gaza et d'Israël. Dans la même région, à el-Arich, un soldat a également été tué après deux attaques de postes de contrôle.

Enfin, en déplacement à Alger, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a dit qu'il souhaitait vivement le retour à l'ordre constitutionnel en Egypte.

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