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Egypte

Egypte: la difficile formation d'un gouvernement de transition

Hazem el-Beblaoui (g) s'entretient avec le président par intérim Adly Mansour, le 9 juillet 2013 au Caire.
Hazem el-Beblaoui (g) s'entretient avec le président par intérim Adly Mansour, le 9 juillet 2013 au Caire. REUTERS/Egyptian Presidency/Handout via Reuters
Texte par : RFI Suivre
6 mn

Le nouveau Premier ministre égyptien Hazem el-Beblaoui consulte afin de mettre en place un gouvernement provisoire. Si certaines forcent politiques semblent coopérer, comme le Front de salut national, principale coalition laïque, les Frères musulmans refusent catégoriquement d’intégrer le futur cabinet.

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Avec notre correspondante et notre envoyé spécial au Caire,

Hazem el-Beblaoui n’a pas fixé de date pour la formation de ce cabinet de transition. Il a déclaré vouloir former une administration compétente et représentant différentes forces politiques, dont les Frères musulmans.

Le Premier ministre entend offrir des postes au Parti de la liberté et de la justice (PLJ), mais les Frères musulmans refusent pour l’instant toute collaboration avec les nouvelles autorités qu’ils qualifient d’« usurpatrices ». Hazem el-Beblaoui a par ailleurs indiqué que les ministres de l’Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères devraient rester à leurs postes.

Les forces libérales et les jeunes militants du mouvement Tamarod auraient pour leur part préféré que ce soit Mohamed el-Baradei qui prenne la tête du gouvernement. Ils n’ont toutefois pas rejeté la nomination d’Hazem el-Beblaoui.

Le nouveau Premier ministre devra aussi composer avec les salafistes du parti al-Nour, qui ne se sont pas opposés à sa désignation, comme ils l’avaient fait avec les précédents candidats. Les tractations qui commencent aujourd’hui s’annoncent donc intenses.

« Pas de dialogue »

Devant la mosquée de Rabah où ils sont rassemblés, tous les responsables du parti de Mohamed Morsi ou des Frères musulmans sont catégoriques : il n’y aura pas de dialogue, il n’y aura pas de négociation possible avec les autorités de transition quelle que soit l’offre qui sera faite aux pro-Morsi.

Les partisans du président déchu rappellent que celui-ci est à leurs yeux le seul représentant de la souveraineté populaire égyptienne. Les pro-Morsi continuent donc à réclamer le rétablissement de la Constitution adoptée en décembre dernier et le retour au pouvoir de Mohamed Morsi.

Ils demandent également la libération de tous les responsables du PLJ, et des frères musulmans actuellement détenus. Ils réclament enfin justice pour les militants tués lundi matin devant le siège de la Garde républicaine.

Accusations de torture

Sur le plan sécuritaire, cette fois, le climat reste pesant. Il l’est d’autant plus que des exactions pourraient avoir été commises par les forces de l’ordre. Les Frères musulmans accusent l’armée d’avoir torturé à mort l’un de leurs militants. Selon eux, l’homme serait décédé en détention, après avoir participé aux manifestations qui se sont déroulées lundi matin devant le siège de la Garde républicaine. Son corps a été retrouvé ce mercredi matin, dans ce même quartier de la Garde républicaine.

Le médecin qui a constaté le décès à l’hôpital de campagne des pro-Morsi affirme que l’homme est décédé à la suite des coups qui lui ont été portés et qu’il porte des traces de torture. Sur son corps, on peut en effet remarquer des traces aux poignets, aux orteils et sur la poitrine. Des marques qui pourraient avoir été laissées par des électrodes.

Pour les pro-Morsi, il s’agit là sans aucun doute du premier cas de torture avéré depuis la destitution de Mohamed Morsi et depuis l’intervention de l’armée.

Al-Nour, le parti faiseur de roi

En Egypte, le pouvoir des Frères musulmans a peut-être été écarté, mais les islamistes ont toujours leur mot à dire. C’est désormais le parti salafiste al-Nour qui est au devant de la scène.

Dès le début des tractations pour assurer la transition en Egypte, ce parti religieux a donné le ton. Pour al-Nour, pas question de se laisser dicter sa conduite. Chaque proposition du camp adverse est rejetée en bloc. Il exclut la nomination au poste de Premier ministre par intérim de Mohamed el-Baradei, chef de fil du courant libéral. Lorsque le nom de Ziad Bahaa el-Din, un technocrate, est avancé, là encore, le parti salafiste refuse.

Il aura fallu attendre une troisième proposition pour trouver un personnage à la hauteur des espérances du parti salafiste. Hazem el-Beblaoui a fait consensus.

Mais ces nombreuses capitulations face au parti salafiste cachent en réalité une crainte. Al-Nour est la deuxième formation politique religieuse d’Egypte après le Parti liberté et justice du président déchu Mohamed Morsi. Les nouvelles autorités égyptiennes font déjà face à la contestation des Frères musulmans. Leur inquiétude : se mettre à dos les partisans des salafistes.

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