Egypte

Après les accrochages de la nuit au Caire, l'Egypte compte ses victimes

Les affrontements sporadiques entre forces de l'ordre et supporters de l'ex-président Morsi se poursuivent ce samedi 27 juillet 2013.
Les affrontements sporadiques entre forces de l'ordre et supporters de l'ex-président Morsi se poursuivent ce samedi 27 juillet 2013. REUTERS/Asmaa Waguih

En Egypte des affrontements ont eu lieu dans la nuit du vendredi au samedi 27 juillet, alors que dans la journée de vendredi des cortèges pro et anti-Morsi s'étaient rassemblés au Caire et dans plusieurs grandes villes du pays. On dénombre 7 morts à Alexandrie alors qu'au Caire, les Frères musulmans dénoncent des dizaines de morts dans des affrontements avec les forces de l'ordre.  

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Avec notre envoyé spécial au Caire, Daniel Vallot

Les corps des victimes ont d’abord été transportés à l'hôpital de campagne de Rabaa, ainsi que les blessés légers. Les blessés les plus graves ont eux été transportés dans les hôpitaux du quartier. Selon les médecins auxquels RFI a pu parler sur place, dans cet hôpital de campagne, les affrontements ont fait entre 80 et 100 morts et des centaines de blessés.

Les snipers tiraient au milieu du rassemblement.

Docteur Mustafa Hassanin

De son côté, le ministère égyptien de la Santé avance le chiffre de 20 morts. Quelle que soit l’ampleur du bilan, les témoignages recueillis par RFI dans cet hôpital de campagne, tant auprès des médecins, que des militants qui étaient sur place, sont concordants : il y a eu des tirs de grenailles et des tirs à balles réelles. Des tirs venant de la police, mais aussi de tireurs embusqués.

« C’était une véritable tuerie » a confié à RFI l’un des médecins qui étaient sur place avant de regagner l’hôpital de campagne. RFI a pu se rendre dans l'un des hopitaux de campagne, constatant la présence rien que sur ce site d'une vingtaine de corps. Autant avaient déjà été évacués, tandis que les ambulances continuaient de ramener des blessés.

Sur la tribune dressée à l’extérieur, à proximité de cet hôpital, les orateurs islamistes se succèdent depuis ce matin pour haranguer la foule. Tous dénoncent un massacre organisé « volontairement, disent-ils, pour briser la mobilisation des pro-Morsi ». Tous s’attendent à de nouvelles violences. Et notamment ici à Rabaa, où se trouve le gros des troupes pro Morsi, mais également de nombreux dirigeants islamistes, recherchés par les autorités égyptiennes.

Pour sa part, le ministère de l’Intérieur affirme avoir utilisé uniquement des gaz lacrymogènes et avoir été obligé d’intervenir pour dégager l’un des principaux axes routiers de la capitale, une route menant à l’aéroport du Caire. Les autorités accusent également les islamistes d’avoir tiré à balles réelles sur les forces de l’ordre.

Le ministre de l'Intérieur, Mohamed Ibrahim, a également déclaré envisager la dispersion « très prochainement » des deux sites occupés par les partisans du président déchu : les abords de la mosquée Rabaa al-Adawiya, à Nasr City dans la banlieue du Caire et le quartier de l'Université du Caire, dans le quartier de Gizeh.

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