Egypte

Egypte: l'attitude de l'armée de plus en plus contestée

Des soldats égyptiens en stationnement à proximité de la place Tahrir, au Caire, le 26 juillet 2013.
Des soldats égyptiens en stationnement à proximité de la place Tahrir, au Caire, le 26 juillet 2013. REUTERS/Asmaa Waguih

L’embarras commence à se faire sentir dans les rangs de la coalition anti-Morsi, après les violences qui ont éclaté au Caire dans la nuit de vendredi à samedi - violences qui ont fait plus de 70 morts dans les rangs des militants pro-Morsi. Depuis samedi, des voix s’élèvent au sein de la coalition pour critiquer le rôle de l’armée dans ces événements.

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Avec nos envoyés spéciaux au caire, Mathias Taylor et Daniel Vallot

Ahmad Wahdan est un membre fondateur du parti Doustour, celui de Mohamed el-Baradei. Comme d’autres au sein de la coalition anti-Morsi, il condamne la brutalité de la répression exercée à l’encontre des militants islamistes.

« L’Etat a le droit de faire face au terrorisme mais en respectant la loi, les droits de l’homme et la Constitution, juge-t-il. Si on ne fait pas ça, alors on sera comme le régime de Moubarak, et comme celui de Morsi. »

Dérive autoritaire

Malgré ces réserves, les militants anti-Morsi continuent dans leur immense majorité de soutenir l’armée égyptienne et le général Sissi. Mais certaines organisations dénoncent d’ores et déjà la dérive autoritaire du nouveau régime.

« Ce que le général Sissi a fait en disant qu’il voulait lutter contre le terrorisme, montre qu’il cherche un prétexte pour bâillonner toute l’opposition, explique Chérif Arhoubi, porte-parole du Mouvement du 6-Avril, issu de la révolution anti-Moubarak. Pas seulement les Frères musulmans, ajoute-t-il, mais aussi tous les opposants qui tenteraient de le contester. »

Ce qui inquiète également les militants du 6-Avril, c’est la cote de popularité dont jouissent aujourd’hui l’armée et le général Sissi. Selon eux, il sera très difficile, dans les prochains mois en tous cas, de mobiliser les Egyptiens contre l’institution militaire, et contre un éventuel retour aux méthodes de l’ère Moubarak.

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