Syrie

Syrie: interrogations autour du «timing» de l'attaque chimique présumée

Un survivant de l'attaque chimique présumée menée par le régime sur Ghouta, en Syrie, le 21 août 2013.
Un survivant de l'attaque chimique présumée menée par le régime sur Ghouta, en Syrie, le 21 août 2013. REUTERS/Mohamed Abdullah

Les Syriens ont subi, mercredi 21 août, la pire attaque chimique jamais lancée contre des civils depuis celle de Halabja en Irak en 1988. L'opposition syrienne l'affirme et accuse l'armée syrienne d'avoir fait entre 500 et 1 300 tués, ce que l'armée a démenti hier. Mais demeure une question lancinante : celle du timing de l'attaque présumée, au moment même où des enquêteurs de l'ONU se trouvent dans la capitale syrienne. 

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Pourquoi le régime aurait-il utilisé des armes chimiques alors que l'équipe de Ake Sellstroem est à Damas et que, par ailleurs, il enregistre d'importantes victoires militaires ? Pour braver avec violence cette communauté internationale qui, de toute façon, en a déjà fait un paria ?

L'un des principaux soutiens du régime, la Russie, a dénoncé une « manipulation » de l'opposition. Mais les témoignages qui affluent depuis mercredi permettent de moins en moins de douter.

Selon un membre des services de sécurité syriens, mener une attaque chimique au premier jour de travail des experts de l'ONU serait « un suicide politique » pour le régime. Et mercredi, à l'ONU, Damas a pu jouir à nouveau des si précieux soutiens russe et chinois. Ils lui ont évité l'adoption d'une déclaration formelle pour diligenter une enquête.

La Russie, fer de lance de la thèse de la manipulation

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Loukachevitch, s'en est d'ailleurs expliqué ce jeudi.

Alexandre Loukachevitch

« D'après ce que nous savons, cet endroit est contrôlé par les rebelles et nous partons du principe que la mission de l’ONU doit se mettre d'accord avec la partie syrienne », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères. « Les chaines de télévision arabes ont littéralement fait exploser l’espace médiatique, avec l’information selon laquelle des armes chimiques auraient soi-disant été utilisées près de Damas. Nous avons bien sûr pris une série de mesures pour faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé », a-t-il continué.

Test ultime pour la communauté internationale

L'analyse d'Alexandre Loukachevitch est que « les médias régionaux engagés ont tout de suite lancé une campagne d’information agressive, en faisant endosser l’entière responsabilité des événements aux autorités syriennes. Tout cela nous fait penser qu’une fois de plus, nous avons affaire à une provocation bien planifiée. Nous en voulons pour preuve que l’acte criminel près de Damas a été commis au moment où a débuté avec succès le travail de la mission des experts de l’ONU qui enquêtent sur la possible utilisation d'armes chimiques ».

Si l'attaque chimique de la Ghouta a eu lieu, c'est un tournant. Par son ampleur et surtout parce qu'elle servira de test ultime pour la communauté internationale.

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