Syrie

Syrie: que s’est-il réellement passé, mercredi, dans la banlieue de Damas?

Un activiste, portant un masque à gaz, se tient non loin du cadavre d'un chien, le 22 août, dans un faubourg de Damas.
Un activiste, portant un masque à gaz, se tient non loin du cadavre d'un chien, le 22 août, dans un faubourg de Damas. REUTERS/Bassam Khabieh

Moscou et Washington souhaitent que les experts en armes chimiques de l’ONU présents à Damas depuis le dimanche 18 août puissent mener leur enquête sur les lieux de l’attaque qui aurait fait des centaines de morts. Les chefs de la diplomatie américaine et russe en ont parlé au téléphone. Pour les Russes, désormais, la balle est désormais dans le camp de l’opposition, qui doit « assurer un accès sécurisé à la mission sur les lieux de l'incident ».

Publicité

Avec notre correspondante à Moscou, Anastasia Becchio

Ce coup de fil entre Serguei Lavrov et John Kerry s’est déroulé à l’initiative de la Maison Blanche, selon le ministère russe des Affaires étrangères. Washington n’a pas fait de commentaire, Moscou a en revanche publié un communiqué pour faire part de la teneur des échanges et préciser que les deux chancelleries avaient exprimé un « intérêt commun » pour une « enquête objective » de l'ONU.

La Russie estime avoir fait sa part du travail en appelant le gouvernement syrien à coopérer avec les experts de l’ONU. Selon elle, la balle est désormais dans le camp de l’opposition, qui doit « assurer un accès sécurisé à la mission sur les lieux de l'incident », qui s'est produit mercredi, dans une zone contrôlée par les rebelles.

« Roquette artisanale »

Dès mercredi, quelques heures après l'attaque, Moscou avait déclaré que les soupçons d'utilisation par les autorités syriennes d'armes chimiques étaient une « provocation planifiée à l'avance ». Les autorités russes estiment que le régime de leur allié Bachar el-Assad n'avait aucun intérêt à lancer une telle attaque sachant que les experts des Nations unies se trouvaient déjà sur place.

Selon les informations communiquées hier par le porte-parole de la diplomatie russe, des civils ont été tués par une « roquette artisanale chargée d'un agent chimique non identifié », analogue à celle qui avait été lancée le 19 mars à Khan al Assal, près d’Alep. La Russie avait affirmé détenir les preuves de l'implication de rebelles dans cette attaque, ce que les experts de l'ONU pourront peut-être confirmer ou infirmer. Leur mandat prévoit, en tout cas, de mener une enquête sur ce site.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail