Syrie

Syrie: bras de fer à l'ONU, l'Otan en faveur d'une riposte

Les inspecteurs des Nations unies en Syrie, lors de la visite de l'un des sites supposés d'une attaque chimique, dans la banlieue de Damas, le 28 août 2013.
Les inspecteurs des Nations unies en Syrie, lors de la visite de l'un des sites supposés d'une attaque chimique, dans la banlieue de Damas, le 28 août 2013. REUTERS/Bassam Khabieh

Opposants et partisans d'une intervention dans le conflit en Syrie ont débattu ce mercredi 28 août au Conseil de sécurité de l'ONU d'un projet de résolution britannique, ouvrant la voie à un recours à la force contre le régime syrien, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques. Même si une intervention directe de l'Otan n'est pas à l'ordre du jour, l'Alliance atlantique a elle aussi jugé qu'un recours aux armes chimiques ne pouvait «rester sans réponse».

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Avec notre bureau à Bruxelles

Les propos du Secrétaire général de l’Otan ressemblent à une mise au point. Anders Fogh Rasmussen, et avec lui les 28 membres de l’Alliance, condamnent l’usage d’armes chimiques en Syrie.

Mais, dans le même temps, il ferme pour l’instant la porte à toute intervention militaire. Les consultations se poursuivent en fait entre les Alliés. Cette mise à l’écart d’une éventuelle opération ne signifie non plus un retrait de l’Otan. L’Alliance compte suivre avec grande attention l’évolution de la situation. Une attention d’autant plus nécessaire qu’à travers la Turquie, l’Alliance compte une frontière avec la Syrie.

Cette attitude des Alliés n'est guère surprenante, car depuis le début des violences, l’Otan a toujours soutenu les efforts en vue d’une solution politique. Anders Fogh Rasmussen n’a cessé de répéter vouloir obtenir un accord au sein de l’ONU.

Mais le ton est tout de même monté d’un cran. L’Alliance désigne le régime de Bachar el-Assad comme responsable de cette attaque chimique. Selon l’Otan, l’usage de ce type d’armes est inacceptable. C’est une « violation flagrante des normes et pratiques internationales ». Une violation qui « appelle une réaction », ajoute le Secrétaire général. Une façon de justifier une intervention.


Selon la motion britannique qui doit être soumise ce jeudi au Parlement, le gouvernement britannique ne va pas lancer d'action militaire en Syrie avant d'avoir eu connaissance des résultats des experts de l'ONU qui enquêtent sur place sur une attaque présumée aux armes chimiques.

« Le secrétaire général de l'ONU doit pouvoir s'adresser au Conseil de sécurité immédiatement après la fin de la mission de l'équipe », indique le texte, ajoutant que « le Conseil de sécurité des Nations unies doit avoir l'opportunité d'avoir ce compte-rendu et tous les efforts doivent être faits pour obtenir une résolution du Conseil de sécurité soutenant une action militaire avant qu'une telle action ne soit prise ».

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé ce mercredi que les experts avaient besoin de quatre jours pour achever leur travail sur place. « Ensuite, les experts devront faire des analyses scientifiques, puis nous devrons faire un rapport au Conseil de sécurité afin qu'il entreprenne les actions qu'il juge nécessaires », a-t-il dit.

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