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Syrie

Qui sont les différents groupes rebelles ?

Armée syrienne libre le 29 août 2013 à Alep.
Armée syrienne libre le 29 août 2013 à Alep. Reuters/Molhem Barakat
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L’opposition syrienne est loin d’être unifiée. Et plus le conflit s’enlise plus l’opposition se complexifie. Selon une étude publiée par l’institut britannique de défense IHS Jane’s le 16 septembre, il y aurait actuellement pas moins de mille groupes de combattants différents en Syrie.

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L’opposition syrienne est loin d’être unifiée. Et plus le conflit s’enlise plus l’opposition se complexifie. Selon une étude publiée par l’institut britannique de défense IHS Jane’s le 16 septembre, il y aurait actuellement pas moins de mille groupes de combattants différents en Syrie.

  • L’Armée syrienne libre (ASL) est créée dès le début de la révolution, en juillet 2011. Rapidement, elle fusionne avec le Mouvement des officiers libres. Elle englobait fin aout entre 40 000 et 80 000 hommes. Son chef est le commandant Selim Idriss.
Selim Idriss.
Selim Idriss. AFP/Pierre Andrieu
  • L’ASL est extrêmement divisée, moins pour des raisons idéologiques que pour la nature de sa structuration. Elle n’a pas été créée par l’opposition politique, par le sommet, mais à partir de bases locales (brigades de quartiers, de villages etc).
    L’ASL est principalement formée de nationalistes arabes. Ils reçoivent des financements et de l’armement de l’extérieur, notamment de l’Arabie Saoudite et probablement des Etats-Unis.
    Jusqu’au 24 septembre dernier, l’ASL avait également, symboliquement une forte composante islamiste considérée comme modérée: le Front de libération islamique de la Syrie (FLIS) composé lui-même de brigades dont la base est salafiste et non jihadiste (Liwâ’ al-Islâm, Liwâ’ at-Tawhîd ou les Faucons du Sham) mais dont les cadres sont en revanche plus proches des Frères musulmans, d’où le soutien saoudien. Ils recevaient jusqu’à présent de l’argent du Qatar, de la Turquie, ainsi que de fondations privées du golfe arabo-persique.
    Les unités les plus radicales de l’ASL sont souvent accusées par la population syrienne de pillages.

 

  • Les salafistes : Les groupes salafistes prônent la création d’un Etat islamique en Syrie. Ils sont majoritairement regroupés au sein du Front islamique syrien, l’une des coalitions les plus puissantes de la rébellion et financé entre autre par des mécènes koweitiens.

 

  • Les groupes jihadistes : Jabhat al-Nosra, et l’Etat islamique d’Irak du Levant (EIIL). Ces deux structures étaient jusqu’à la mi-septembre plus ou moins alliées face à l’ASL mais demeuraient autonomes dans leur fonctionnement. Les jihadistes rejettent les principes de la démocratie ainsi que toute relation avec Riyad comme avec l’Occident. Jabhat al-Nosra (entre 5 000 et 8 000 hommes) est créé fin 2011. Il dispose d’une base humanitaire pour venir en aide à leurs blessés. Le front est inscrit sur la liste des organisations terroristes liées à al-Qaïda.
Combattants du groupe rebelle syrien al-Nosra, lié à  Al-Qaïda.
Combattants du groupe rebelle syrien al-Nosra, lié à Al-Qaïda. REUTERS/Ahmed Jadallah
  • Ces deux groupes sont donc des ennemis de l’Arabie Saoudite, en lutte depuis une décennie avec le courant jihadiste. Certains combattants de ces deux mouvements ont mené des luttes au nom de l’islam en Bosnie, en Tchétchénie, en Irak, en Libye ou en Afghanistan et ont une expérience poussée des guérillas. Ils sont les mieux équipés, grâce notamment à l’armement fourni par les pays du golfe Persique.

 

  • L’Alliance islamique : Le 24 septembre, 13 groupes rebelles présents sur le terrain ont formé une alliance. Elle est composée de groupes qui opéraient jusqu'ici sous le commandement du Conseil militaire syrien du général Sélim Idriss, considéré par les pays occidentaux comme l'interlocuteur de référence, ainsi que par des jihadistes de Jabhat al-Nosra. S’y ajoute le Front islamique syrien, Liwa al-Tawhid, et Liwa al-Islam, proche de l'Arabie saoudite. Cette alliance, qui a la performance de réunir à la fois des brigades nationalistes et des brigades islamistes, salafistes et jihadistes, refuse de reconnaitre la Coalition nationale syrienne qui, estime-t-elle, ne la représente pas.Selon Thomas Pierret, spécialiste de l'islam en Syrie, des groupes de l'ASL avaient, l'an dernier, refusé de s'associer au Front al-Nosra. Mais l'accord russo-américain sur les armes chimiques qui a bloqué d'éventuelles frappes américaines, a modifié les calculs de certains groupes.
  • Les Kurdes : Ils sont regroupés au sein des Unités de protection populaire kurde. Ils sont souvent accusés, à tort, par certains groupes de la rébellion de faire le jeu du régime qui leur a laissé une certaine autonomie. Ainsi, cette guérilla au discours marxiste est de plus en plus fréquemment en proie à des heurts avec les jihadistes.
     

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