Syrie / ONU

Syrie: le Conseil de sécurité adopte une résolution sur les armes chimiques

Le Conseil de sécurité des Nations unies à New York a adopté, à l'unanimité, une résolution sur la Syrie, le 27 septembre 2013.
Le Conseil de sécurité des Nations unies à New York a adopté, à l'unanimité, une résolution sur la Syrie, le 27 septembre 2013. REUTERS/Lucas Jackson

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité, le vendredi 27 septembre à New York, une résolution encadrant le démantèlement des armes chimiques de la Syrie. C'est la première votée depuis le début du conflit en mars 2011. Si Damas ne respecte pas la résolution, il y aura des « conséquences », a toutefois tenu à préciser immédiatement après le vote John Kerry, le secrétaire d'Etat américain. Le Conseil de sécurité est prêt à adopter des mesures punitives si les termes du texte sont violés, prévient, pour sa part Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe. Le secrétaire général de l’ONU a par ailleurs confirmé que la conférence de paix sur la Syrie dite de « Genève 2 » devrait se tenir à la mi-novembre.

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Avec notre envoyée spéciale à New York, Anne Corpet

L’atmosphère est solennelle dans la salle du Conseil de sécurité. Le secrétaire général de l’ONU prend la parole : « C’est un vote historique », déclare Ban Ki-moon, avant d’encourager les membres du Conseil à ne pas se contenter de cette résolution et à poursuivre les efforts en vue du règlement du conflit en Syrie.

Le vote a presque été une formalité : les quinze membres du Conseil de sécurité ont tous levé la main à l'appel du secrétaire général, qui venait également d'annoncer la tenue de la conférence de Genève 2 à la mi-novembre.

Cette première résolution sur la Syrie, la résolution 2118, porte donc sur le démantèlement de l'arsenal chimique syrien. Elle prévoit la possibilité pour le Conseil de sécurité de prononcer des sanctions en cas de manquement de la Syrie à ses obligations, mais ces sanctions ne seraient pas automatiques : il faudrait donc en passer par une seconde résolution avec, à nouveau, des possibilités de blocage pour la Russie et la Chine.

Les membres permanents souhaitent aussi que la feuille de route validée ce même vendredi par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) soit pleinement appliquée.

Et s'il ne mentionne pas la Cour pénale internationale, le Conseil de sécurité souhaite que « les individus responsables de l'utlisation d'armes chimiques en Syrie » rendent « des comptes ».


LES REACTIONS APRES LE VOTE :

John Kerry s'est exprimé le premier. Le secrétaire d'Etat américain a prévenu « qu'il y aurait des conséquences » pour le pouvoir syrien s'il ne respectait pas ses engagements de désarmement chimique.

« Nous avons également voulu une résolution contraignante qui a été adoptée par le Conseil de sécurité. Pour la première fois, le Conseil détaille précisément ce que la Syrie doit faire pour se conformer à ses obligations légales. La Syrie ne peut choisir ou rejeter les inspecteurs. Elle doit leur permettre d'accéder sans restrictions à tous les sites et de rencontrer tout le monde. Nous sommes ici car les actes ont des conséquences. Et si le régime ne se plie pas à ses obligations, il y aura des conséquences... »

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a cependant aussitôt rappelé que le texte n'entrait pas sous le chapitre VII de la charte des Nations unies qui prévoit un éventuel recours à la force en cas de non respect de la résolution.

« Nous partons du principe que Damas va coopérer en toute bonne foi pour la mise en oeuvre de cette résolution qui prévoit le démentellement des armes chimiques. L'opposition syrienne va également être contrainte de coopérer pour mettre en oeuvre ce plan de désarmement. Les rapports de l'organisation pour l'interdiction des armes chimiques devront être objectifs. La résolution n'est pas placée sous le chapitre VII de la charte des Nations unies. En cas de manquement, le Conseil de sécurité se tiendra prêt à prendre des mesures coercitives sous chapitre VII. Mais les preuves de violations de l'accord devront être examinées avec la plus grande attention. Elles devront être valables à 100%. »

Laurent Fabius, de son côté, s'est félicité : « Je considère que le Conseil de sécurité mérite enfin son nom. Il a prononé à l'unanimité une condamnation extrêmement forte de l'utilisation des armes chimiques en réponse au massacre qui a eu lieu le 21 août. Depuis lors, des propositions ont été faites pour liquider les armes chimiques. Nous les soutenons, mais il faut avoir à l'esprit que sans doute jamais ces propositions n'auraient été faites s'il n'y avait pas eu la menace de réactions par rapport au massacre chimique du 21 août. Nous considérons donc que la fermeté, manifestée par la France, par les Etats-Unis, par d'autres, a payé. »

William Hague, son homologue britannique, a quant à lui temporisé à la sortie du Conseil : « Ce vote commence à restaurer la crédibilité de notre institution. »

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