Syrie

Désarmement chimique en Syrie: Bachar el-Assad peaufine sa communication

Le président syrien Bachar el-Assad lors de l'une de ses interviews par une télévision turque, le 4 octobre 2013.
Le président syrien Bachar el-Assad lors de l'une de ses interviews par une télévision turque, le 4 octobre 2013. REUTERS/SANA/Handout

La conférence Genève II sur la Syrie pourrait avoir lieu à la fin du mois de novembre, c'est en tout cas ce qu'ont déclaré conjointement, ce lundi 7 octobre, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. A Moscou comme à Washington, on considère que le processus de destruction des armes chimiques détenues par le régime de Damas devrait faciliter les efforts de paix en Syrie. De son côté, Bachar el-Assad, le président syrien, continue de multiplier les déclarations apaisantes, sans rien lâcher sur l'essentiel.

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C'est une stratégie de communication parfaitement calibrée que celle suivie par le président syrien : en quelques entretiens accordés à la presse étrangère, Bachar el-Assad essaie de faire fructifier au maximum l'accord sur la destruction des armes chimiques. Et à ce titre, l'entretien publié dimanche par le journal allemand Der Spiegel est particulièrement révélateur.

D'un côté Bachar el-Assad reconnaît pour la première fois avoir commis des erreurs lorsque le soulèvement contre son régime a débuté, au printemps 2011. Mais de l'autre, le président syrien ne fait aucune concession sur le fond. Les décisions fondamentales étaient justes, se défend-il.

En position de force

Pas question de revenir donc sur l'essentiel : Bachar el-Assad refuse de céder la moindre parcelle de pouvoir, en amont d'une éventuelle conférence internationale de paix. Il demande également à l'opposition de se désarmer sans poser de conditions.

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Le président syrien sait qu'il est en position de force. Il continue de jouir d'un soutien indéfectible du côté de la Russie et de l'Iran. Mais désormais, ce sont les Etats-Unis qui se montrent plus conciliant à son égard : ce lundi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a ainsi adressé un compliment inhabituel au régime syrien, pour le féliciter de la bonne application de l'accord sur la destruction des armes chimiques.


 ■ ZOOM : Une délicate opération de désarmement

La mission conjointe des Nations unies et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques a débuté la destruction de l'arsenal chimique syrien. Une opération qui s'annonce délicate.

Il y a une semaine, un responsable de l’OIAC avait déclaré que des méthodes expéditives devraient être utilisées, dans un premier temps, pour s'assurer que les sites de production et de stockage d'armes chimiques ne seraient plus en usage. Le premier jour de l'opération de destruction, par exemple, il était prévu que des ogives de missiles pour les bombes chimiques, ainsi que des installations fixes et mobiles de remplissage avec des produits chimiques, soient écrasées par des véhicules lourds, afin de les rendre inutilisables.

Inventaire complet

L'opération de destruction devrait se terminer avant la fin juin 2014 et un calendrier précis des opérations devrait être établi le mois prochain. Un inventaire complet des armes chimiques syriennes doit être entre autres dressé lors de la première phase.

D'après les estimations, ce stock est évalué à plus de 1 000 tonnes, dont 300 tonnes de gaz moutarde. Il sera peut-être nécessaire de regrouper les agents chimiques dans un nombre réduit de lieux, donc de les transporter, et ce n'est pas une mince affaire lorsqu'on sait que le gouvernement syrien ne contrôle pas tout son territoire.

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