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Egypte

Des étudiants Frères musulmans s'en prennent à l'université al-Azhar

Le bâtiment administratif de l'université d'al-Azhar a été dévasté après une attaque d'étudiants qui protestatient contre l'arrestation d'Essam al-Erian, le mercredi 30 octobre 2013.
Le bâtiment administratif de l'université d'al-Azhar a été dévasté après une attaque d'étudiants qui protestatient contre l'arrestation d'Essam al-Erian, le mercredi 30 octobre 2013. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En Egypte, la police est intervenue au sein du campus de l’université islamique d’al-Azhar au Caire après la séquestration de son président par des étudiants Frères musulmans. Une démonstration de force qui intervient après l'arrestation d'un des leaders de la Confrérie. Par ailleurs des accrochages entre étudiants se sont multipliés dans plusieurs universités égyptiennes.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

C’est le président de l’université d’al-Azhar qui a appelé la police à intervenir quand des étudiants Frères musulmans ont commencé à attaquer les bâtiments administratifs de l’université.

Les forces de l’ordre sont intervenues avec des blindés et les manifestants Frères musulmans ont quitté le campus. Le parquet a ouvert une enquête avec 25 personnes arrêtées. Parallèlement des accrochages ont opposé étudiants pro et anti Frères musulmans dans plusieurs autres universités du Caire, à Alexandrie et dans le Delta faisant des dizaines de blessés.

→ A (RE)LIRE : Arrestation d'Essam al-Erian, haut responsable des Frères musulmans

Cela fait plusieurs semaines que les étudiants de l’Alliance anti-coup d’Etat manifestent à l’université d’al-Azhar mais aussi sur d’autres campus.

L’escalade de mercredi est due à l’arrestation du dirigeant Frère musulman Essam al-Erian selon les observateurs. Al-Erian était très populaire dans les milieux étudiants islamistes. Dans sa jeunesse il avait été président de l’Union des étudiants d’Egypte.

Il a écopé de 30 jours de détention préventive à la prison de Tora.


Même si les manifestations ne sont pas massives, elles sont quasiment quotidiennes dans de nombreux établissements universitaires. Perrine Mouterde a recueilli quelques témoignages d'étudiants.

Un petit groupe manifeste en faveur du général Sissi. Au même moment, quelque 200 étudiants font le tour du campus de l’université du Caire, quatre doigts levés, c’est le signe de ralliement des partisans des Frères musulmans.

« La situation dégénère quand les forces de sécurité envoient des baltaguis, des mercenaires, à l’intérieur des universités, explique Ahmad Ghoneim, 20 ans, un des leaders du mouvement des Etudiants contre le coup d’Etat. Ou quand elles envoient la police comme c’est le cas maintenant à al-Azhar ! Hier, la police a aussi tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes ici. Entre les étudiants, il n’y a pas de problème. Ici personne n’a été expulsé mais des étudiants sont convoqués devant le conseil de discipline. »

Marwa soutient elle l’armée. Elle ne participe pas aux manifestations mais les accepte, tant qu’elles restent pacifiques. « Bien sûr ce n’est pas une atmosphère normale, explique-t-elle, mais tout le monde a le droit de s’exprimer. Si on ne le fait pas à l’université, où le fera-t-on ? »

Mostafa, lui, est étudiant à l’université d’al-Azhar, où les manifestations contre le coup d’Etat et les incidents se sont multipliés, jusqu’au retour hier de la police à l’intérieur de l’enceinte de l’établissement. « On peut s’exprimer mais pas comme ça, s'insurge-t-il. On va d’abord à l’université pour étudier. La politique et les manifestations tous les jours, ce n’est plus possible. Ca ne fait pas avancer le pays. »
 

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