Accéder au contenu principal
Liban

Liban: l'attentat devant l'ambassade d'Iran revendiqué par un groupe jihadiste

Tout le quartier, pourtant hautement sécurisé, de l'ambassade d'Iran a été dévasté par le double attentat commis par deux kamikazes, ce mardi matin 19 novembre 2013.
Tout le quartier, pourtant hautement sécurisé, de l'ambassade d'Iran a été dévasté par le double attentat commis par deux kamikazes, ce mardi matin 19 novembre 2013. REUTERS/Mohamed Azakir
Texte par : RFI Suivre
5 mn

Le Liban a été frappé à nouveau par un attentat sanglant ce mardi 19 novembre. Deux explosions successives ont frappé l'ambassade d'Iran à Beyrouth faisant au moins 23 morts selon un dernier décompte et plus de 120 blessés. Un bilan qui a rapidement évolué au fil de la matinée. Parmi les victimes le conseil culturel de l'ambassade d'Iran. La Syrie a fermement condamné l'attentat qui a été revendiqué à la mi-journée par un groupe jihadiste, les Brigades Abdullah Azzam.

Publicité

C'est le groupe Abdullah Azzam, lié au réseau al-Qaïda qui a revendiqué le double attentat, une revendication exprimée sur le compte Twitter du cheikh Zuraiqat, chef spirituel de l'organisation. Dans son message, le cheikh précise que l'attentat a été perpétré par deux kamikazes, deux sunnites libanais «tombés en martyrs», c'est l'expression utilisée sur le réseau social.

Un double attentat

Le mode opératoire, lui, correspond en effet à celui d'al-Qaïda : deux attentats-suicide, à quelques minutes d'intervalles. Un kamikaze qui portait une ceinture d’explosifs s’est fait sauter à l’entrée de l’ambassade, tuant alors le conseiller culturel et de nombreux gardes de l’ambassade, raportait peu après l’attentat notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Et dès la première explosion, un autre kamikaze qui circulait à bord d’une voiture a essayé de forcer l'entrée de l‘ambassade. Il a été repéré par les gardes qui ont alors ouvert le feu et la seconde explosion s'est produite à quelques mètres de l’entrée principale de l’ambassade.

Les dégâts sont énormes à l’extérieur de l’ambassade qui est entourée par un mur d’enceinte de plusieurs mètres de haut -ce qui explique qu’à l’intérieur de la chancellerie il n’y ait moins de dégâts-. Les immeubles environnants ont vu leurs façades soufflées, les vitres dans un rayon de 100 mètres ont volé en éclats et une vingtaine de voitures ont été détruites par le souffle de l'explosion.

L’Iran et le hezbollah visés

Ce double attentat, commis dans un périmètre ultra sécurisé, au coeur de la banlieue sud de Beyrouth, et donc dans l'un des fiefs au Liban du Hezbollah, visant directement à la représentation iranienne, a pour cible la milice chiite et l’Iran explique le député du Hezbollah, Ali Fayyad, interrogé ce matin par une chaîne de télévision libanaise. «Pas besoin de longue analyse. On a visé l'ambassade iranienne et le peuple de la résistance, selon le député. Cela profite à Israël, à tous ceux qui veulent diviser la région sur des bases confessionnelles. Cela profite aux sectaires, qui ne veulent pas la stabilité des sociétés arabes et veulent propager les conflits confessionnels et religieux

Ce n'est pas la première fois que le Hezbollah est visée par des attentats depuis le début de l'année. Deux attentats ont fait plusieurs dizaines de morts, l'été dernier également dans la banlieue sud de Beyrouth, tout cela sur fond de crise syrienne, car au Liban, les groupes sunnites les plus radicaux reprochent au Hezbollah d'être intervenu directement dans le conflit syrien, en engageant des troupes pour soutenir Bachar el-Assad.

La contagion syrienne

En revanche, c'est la première fois que l'Iran, principal allié de la milice chiite, est visé en tant que tel. C’est donc un nouveau palier qui est franchi avec bien sûr toujours la même crainte, celle de voir le conflit syrien, s'étendre au Liban, et pas seulement de façon fragmentée, épisodique comme c'est encore le cas aujourd'hui dans son message sur Internet, le responsable des Brigades Abdullah Azzam affirme d'ailleurs que les actions terroristes se poursuivraient au Liban tant que le Hezbollah n'aura pas retiré ses troupes du territoire syrien.


Réactions internationales

Téhéran a accusé son ennemi Israël et « ses mercenaires ». Une allusion aux groupes sunnites que Téhéran estime manipulés par l'Etat hébreu. La Syrie elle, a mis en cause les pays du golfe, qui soutiennent l'opposition syrienne. Le Hezbollah a repris à son compte ces accusations. Ce qui est sûr, c'est que pour la première fois, les intérêts iraniens ont été directement touchés au Liban. Ce pays qui est plus que jamais une caisse de résonnance du conflit syrien. La crainte maintenant, c'est que l'on assiste à une escalade de la violence et à une polarisation qui rappelleraient les pires heures de l'histoire libanaise, la guerre civile de 1975-1990. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a condameé l'attentat « teroriste abject », et la France, tout en dénonçant également l'attentat, a redit la nécessité de préserver l'unité nationale. Le secrétaire général de l'ONU a appelé quant à lui à la retenue.
  

Les immeubles aux alentours du bâtiment de l'ambassade ont été soufflés par l'explosion.
Les immeubles aux alentours du bâtiment de l'ambassade ont été soufflés par l'explosion. AFP/Anwar Amro

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.