JORDANIE

Syrie: les réfugiés de la Ghouta remplissent les camps jordaniens

Un réfugié syrien dans le camp jordanien de Zaatari, en décembre 2013.
Un réfugié syrien dans le camp jordanien de Zaatari, en décembre 2013. REUTERS/Muhammad Hamed

La campagne militaire autour de Damas continue. Depuis novembre, le régime syrien a repris plusieurs régions du sud de Damas et a concentré ses frappes sur celle de la Ghouta. Cette zone, toujours tenue par les rebelles, est celle qui a été touchée le 21 août 2013 par des attaques chimiques. Les réfugiés qui arrivent en Jordanie sont désormais en grande partie originaires de cette zone située à l’est de Damas. « Il n'y a plus d’espoir. Je n’ai plus d’espoir. (...) Personne ne nous a aidé, tout cela n’a servi a rien », témoigne un réfugié.

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Avec notre envoyée spéciale dans le camp de Zaatari, Angélique Férat

Ils arrivent par vague au gré des campagnes militaires. Il y a eu les gens de Homs, de Deraa, puis d'Alep. Aujourd’hui, ce sont ceux de la Ghouta qui forment le gros des refugiés qui arrivent en Jordanie.

Abdel Nasser est arrivé il y a deux jours. Il a dû corrompre un soldat du régime pour sortir de la Ghouta. La région est encerclée par l’armée du régime. Il a fui une vie misérable.

« Nous sommes encerclés, témoigne-t-il. Il y a des combats permanents entre les rebelles et le régime. L'armée nous bombarde avec des missiles, des bombes lancées par avion, des barils remplis de TNT. Les bombardements sur mon village Dmair n'arrêtaient pas. Ma sœur vit dans le cœur de la Ghouta, ses enfants sont de plus en plus faibles. Ils n'ont plus rien à manger. »

Consommation des chiens et des chats autorisée

Il n’y a pas de pain, faute de farine, pas de médicaments, pas de lait pour enfants. Les blessés meurent par manque de soins. La population a faim, à tel point que plusieurs religieux ont publié des fatwa autorisant la consommation d’animaux normalement non autorisés comme les chats ou les chiens.

Vue du camp de réfugiés syriens de Zaatari, près de la ville de Mafrak en Jordanie.
Vue du camp de réfugiés syriens de Zaatari, près de la ville de Mafrak en Jordanie. Nicolas Falez

Les ONG et les Nations unies ne sont pas autorisées à travailler dans la zone de la Ghouta. Abdel Nasser raconte encore comment il a dû marcher de nuit pour essayer de trouver du lait pour bébé. « Au camp de réfugiés de Zaatari, il fait froid, je suis sous une tente mais je peux dormir. Il n’y a pas de bruits d’explosions. Ça me fait tout drôle. »

Et s’ils disent tous que les rebelles sont encore forts dans la Ghouta, ils ont dieu de leur côté, leur combat est juste. Mais eux, ils n’y croient plus, tout simplement.

Plus d'espoir

« Il n'y a plus d’espoir. Je n’ai plus d’espoir. Il y a eu des envoyés, des inspecteurs, des observateurs, des réunions mais personne ne nous a aidé, tout cela n’a servi a rien », témoigne un réfugié. Un autre poursuit : « Cela fait trois ans que ça dure. L’Armée libre de Syrie combat Bachar mais le régime continue à tuer, les gens ont perdu l’espoir. Les Occidentaux donnent très peu d’aide et de soutien. Les rebelles combattent des avions et des missiles avec des fusils. »

Selon un dernier bilan, près de 130 000 personnes seraient mortes en trois ans en Syrie. Et 35% des victimes du conflit sont des civils.

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