Des milliers de réfugiés irakiens fuient le pays

Important déploiement des forces de sécurité irakiennes dans la ville de Ramadi durant des affrontements avec des membres d'al-Qaïda, le 2 février 2014.
Important déploiement des forces de sécurité irakiennes dans la ville de Ramadi durant des affrontements avec des membres d'al-Qaïda, le 2 février 2014. REUTERS/Stringer

Le Haut-commissariat aux réfugiés a dénombré 300 000 irakiens déplacés à cause du conflit dans l’ouest du pays (province d'al-Anbar). Depuis le 1er janvier, l'armée irakienne a lancé une campagne militaire pour lutter contre al-Qaida et certaines tribus rebelles opposées au Premier ministre en place.

Publicité

Ce sont des familles qui ont fui dans plusieurs régions d'Irak. Elles ont manquent de tout : matelas, couvertures, médicaments, nourriture... Si, au début, elles s’étaient réfugiées chez un cousin ou un frère, dans un village proche de Ramadi ou Fallouja, les deux villes bombardées et assiégées par l'armée, aujourd’hui ces 50 000 familles ont fui vers au nord du pays, vers Erbil, Souleymanieh, plus au sud vers Kerbala, voire vers Salah Eddine à l’est.

Le HCR a pu atteindre la plupart de ces déplacés, même les 7 000 réfugiés à Qaim près de la Syrie. Mais seul le Croissant-Rouge irakien peut opérer dans les zones de conflit et plusieurs de ses convois ont été stoppés.

Des convois humanitaires bloqués

Les conditions d'acheminement de l'aide humanitaire se sont compliquées, comme le confirme Peter Kessler, porte-parole du HCR : « Il y a eu des convois humanitaires stoppés aux checks-points. Et beaucoup de ponts et des viaducs sur les autoroutes ont été détruits. » 

Selon Kessler, le nombre de réfugiés ne cesse de croitre, et rapidement : « Beaucoup de déplacés ont quitté leurs maisons dans les premières semaines de janvier. Mais avec le fait que la guerre s'est élargie - il y a des bombardements de mortiers et d'artilleries dans la région - les gens ont fui une deuxième et même une troisième fois. L'Irak, en cinq semaines, a plus de réfugiés irakiens que des réfugiés syriens. »

De leur côté, les autorités irakiennes ont alloué 55 millions de dollars pour aider la région d'al-Anbar et ses déplacés. Le Premier ministre Nouri al-Maliki a obtenu des Américains la livraison de 24 hélicoptères d'attaque et de 480 missiles antichars ainsi que d'une dizaine de drones. Et pour tenter de diviser ses ennemis, Nouri al-Maliki, lors d'une intervention télévisée, a promis d'intégrer au sein de la police d'al-Anbar les combattants de tribus fidèles au gouvernement dans cette province.

→ A (RE) LIRE : Irak: Fallouja désormais sous le contrôle d'al-Qaïda

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail