Egypte

Egypte: le nouveau gouvernement a prêté serment

Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi.
Le maréchal Abdel Fattah al-Sissi. EGYPT-PROTESTS/DOWNFALL REUTERS/Stringer/Files

Le chef de l'armée égyptienne, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, qui ne cache pas son intention de se présenter à la présidentielle prévue au printemps, a prêté serment ce samedi avec le nouveau gouvernement. Le maréchal al-Sissi avait démissionné avec l'ensemble du gouvernement de Hazem el-Beblawi il y a moins d'une semaine sur fond de grogne sociale dans le pays déserté par les touristes et à l'économie exsangue.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

En Egypte, le nouveau gouvernement dirigé par Ibrahim Mahlab a prêté serment ce samedi devant le président par intérim Adly Mansour. Le maréchal al-Sissi reste ministre de la Défense et le général Mohamad Ibrahim ministre de l’Intérieur.

Il s’agit plus d’un simple remaniement ministériel que d’un nouveau gouvernement. En effet, sur les 31 ministres, il n’y a qu’un tiers de nouveaux. En dehors des Finances et de la Justice, les nouveaux ministres occupent des postes secondaires.

Le nouveau gouvernement comprend quatre femmes, dont la ministre de l’Information Doreya Charaf Aldin et trois chrétiens dont Mounir Abdel Nour, ministre de l’Industrie, du commerce et de l’investissement.

Le peu de changement et surtout les hésitations du Premier ministre Ibrahim Mahlab ont poussé de nombreux analystes à douter de la capacité du nouveau gouvernement à faire face à la priorité des priorités : la crise économique et les désordres sociaux qui en découlent.

Depuis deux semaines, les grèves se multiplient dans l’administration et les sociétés du secteur public. A trois reprises au moins, Mahlab a renié les candidats qu’il avait choisis après les protestations de divers lobbies. Le fait aussi que le ministre de l’Intérieur, contesté dans les propres rangs de la police, conserve son portefeuille, ne laisse pas, non plus, augurer d’un vrai changement.


La candidature du maréchal al-Sissi à la présidentielle en ligne de mire

Se présentera ou ne se présentera pas à l’élection présidentielle ? Telle est la question que se posent la plupart des Egyptiens après la prestation de serment du maréchal al-Sissi.

Conformément à la législation égyptienne, les militaires ne peuvent pas se présenter aux élections à moins de quitter l’uniforme. On indique toutefois de source militaire que le fait que le maréchal soit toujours ministre de la Défense ne signifie pas qu’il a renoncé à participer à la course à la présidence de la République.

On précise même que al-Sissi attend que la nouvelle loi pour l’élection présidentielle soit adoptée avant d’annoncer sa décision. Une loi qui doit être remise mardi par le Conseil d’Etat au président par intérim. Ce dernier doit l’entériner avant que la commission électorale n’annonce l’ouverture des candidatures. Pour le moment, seul le chef du courant populaire Hamdin Sabahi, arrivé troisième lors de la présidentielle de 2012, a annoncé sa volonté de se présenter.

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