Proche-Orient

Israël annule la libération de prisonniers palestiniens

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, le 30 mars à Jérusalem.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, le 30 mars à Jérusalem. REUTERS/Baz Ratner

L'avenir du processus de paix au Proche-Orient semble de plus en plus compromis. Alors qu'il reste moins d'un mois pour les discussions et que les Etats-Unis tentaient de les prolonger, les autorités israéliennes ont décidé, jeudi 3 avril, de ne pas relâcher la dernière vague de prisonniers palestiniens prévu dans le cadre des pourparlers. En représailles, les Palestiniens ont annoncé leur intention d’adhérer à certaines agences internationales.

Publicité

Avec notre correspondante à Jérusalem, Murielle Paradon

C'en est donc terminé pour les derniers prisonniers palestiniens qui devaient être relâchés samedi dernier. Leur libération avait été suspendue, elle est désormais annulée, si on en croit plusieurs sources israéliennes.

Il y a bien eu des négociations durant des heures pour tenter de trouver une solution, mais rien n'y a fait. Selon la presse locale, les pourparlers se sont même transformés en une « bataille féroce », les Israéliens menaçant les Palestiniens de sanctions s'ils ne retiraient pas leurs demandes d'adhésion à des organismes internationaux, les Palestiniens parlant de poursuites judiciaires contre l'Etat d'Israël.

Lors de la reprise du processus de paix l'été dernier, les Israéliens s'étaient engagés à libérer une centaine de prisonniers palestiniens, en échange de quoi les Palestiniens s'abstenaient de recourir aux instances internationales pour attaquer la politique israélienne. Mais les Israéliens n'ont pas relâché la dernière vague de détenus comme prévu, les Palestiniens se sont donc sentis libérés de leur engagement.

Les négociations de paix s'achèvent dans moins d'un mois, sans que les Américains aient réussi à prolonger les discussions, qui sont désormais au point mort. Les pourparlers ont atteint « un moment critique », a reconnu John Kerry, le chef de la diplomatie américaine.

→ A (RE) LIRE : Kerry annule sa visite au Proche-Orient, le processus de paix menacé


À Washington l’administration prend du recul, et explique que personne ne négociera à la place des protagonistes, tout en reconnaissant que la décision israélienne n’a pas facilité les choses. Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche, veut cependant encore croire que les négociations peuvent reprendre.

Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

« Je peux vous dire que la décision des Israéliens de retarder la libération du 4e contingent de prisonniers crée des difficultés. Il n’y a plus de consensus en ce moment pour la libération de ce groupe. Mais aucun des protagonistes n’a indiqué qu’il souhaite rompre les discussions. Les deux parties ont indiqué qu’elles cherchent un moyen d’avancer.
Donc en dépit du fait qu’il y a eu quelques progrès, il y a toujours un fossé. Palestiniens et Israéliens doivent prendre les mesures appropriées pour combler ce fossé. Ce sont des décisions que les Etats-Unis ne peuvent pas prendre. Seuls les protagonistes peuvent le faire. Les Etats-Unis ne peuvent imposer un accord aux deux parties. Nous allons continuer de travailler avec eux pour combler ce fossé et tenter de trouver une juste résolution à ce problème. 
»

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail