Israël / Territoires palestiniens

Le processus de paix israélo-palestinien s’enlise, Kerry perd patience

Un soldat israélien tire une cartouche à gaz, pendant des affrontements avec des militants palestiniens, le 28 mars près de Ramallah.
Un soldat israélien tire une cartouche à gaz, pendant des affrontements avec des militants palestiniens, le 28 mars près de Ramallah. REUTERS/Mohamad Torokman

Le processus de paix israélo-palestinien est en pleine crise. John Kerry, secrétaire d'Etat américain, a averti ce vendredi que le temps dont disposait Washington sur ce dossier avait des « limites ». Près de Ramallah, des affrontements ont opposé ce matin soldats israéliens et manifestants palestiniens à proximité de la prison d’Ofer.

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Les efforts pour relancer le processus de paix israélo-palestinien ont du mal à aboutir. Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a annoncé son intention d’évaluer les prochaines étapes de ce processus avec le président Barack Obama. John Kerry ne cache pas sa frustration.

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S’exprimant ce vendredi matin, lors d’une conférence de presse au Maroc, John Kerry a averti que le temps dont disposait Washington sur ce dossier était compté. « Il y a des limites au temps et aux efforts que les Etats-Unis peuvent consacrer si les parties ne sont pas désireuses de faire des progrès », a-t-il prévenu, ne cachant pas sa frustration. « Nous n'allons pas rester assis là indéfiniment, ce n'est pas une démarche sans fin et ça ne l'a jamais été. » Ces derniers jours, la crise entre Israéliens et Palestiniens est en effet allée croissant. Pour le moment, selon un responsable palestinien, le président Mahmoud Abbas refuse de revenir sur la signature de 15 conventions et traités internationaux malgré les menaces de rétorsions israéliennes. Israël, de son côté, a refusé de libérer un contingent de prisonniers, comme prévu dans l’initiative de paix promue par John Kerry.

Violents affrontements

Ce refus des libérations de détenus palestiniens a provoqué des affrontements violents, ce vendredi matin à proximité de la prison israélienne d’Ofer, près de Ramallah. Les Palestiniens voulaient prier devant la prison d’Ofer, mais ils n’ont pas pu s’approcher : ils ont été repoussés par les Israéliens à coups de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes lancés par des blindés. Au moins une personne a été blessée à la tête, et de nombreuses personnes ont été intoxiquées par les gaz. La prière s’est finalement tenue à 500 mètres de la prison, mais au milieu du chaos. Quelques jeunes Palestiniens étaient venus en découdre avec les forces de l’ordre israéliennes. Mais, globalement, la manifestation était pacifique.

Appels à la résistance côté palestinien

Il y avait des responsables politiques, des familles de prisonniers comme celle de Marwan Barghouthi, le leader du Fatah emprisonné. L’un de ses proches était venu avec ses trois filles. « Pour les éduquer à la résistance », a-t-il expliqué. Le mot « résistance » est d’ailleurs revenu très souvent, quelle que soit sa forme. Certains appelants à se battre contre les Israéliens, d’autres saluant la voie diplomatique empruntée par Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne, qui a saisi les instances internationales. Mais tous appelaient à la libération des prisonniers palestiniens.

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