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IRAK

Scrutin sanglant en Irak

Un homme en fauteuil roulant vient voter, ce merdredi 30 avril à Bagdad.
Un homme en fauteuil roulant vient voter, ce merdredi 30 avril à Bagdad. REUTERS/Wissm al-Okili
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Une série d'attentats en Irak dont certains perpétrés contre des bureaux de vote ont endeuillé les législatives de ce mercredi 30 avril. Plus de 22 millions d'Irakiens sont appelés à choisir leurs 328 députés parmi 9 000 candidats. Ce sont les premières législatives depuis le départ des troupes américaines en 2011. Le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, qui brigue un troisième mandat, s'est dit « sûr de la victoire ».

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Ce mercredi 30 avril, deux femmes sont mortes au nord de Bagdad, un policier a été tué lorsqu'un kamikaze s'est fait exploser à l'entrée d'un bureau de vote, et deux employés de la commission électorale sont morts vers Kirkouk, dans le nord du pays. Un autre bureau de vote a été totalement détruit, cette fois sans faire de victime. Ceux qui votent le font donc au péril de leur vie. Durant toute la campagne électorale des obus de mortier, des bombes et des grenades ont explosé dans tout le pays. Les forces de sécurité sont déployées en nombre pour prévenir tout attentat, les voitures ont interdiction de circuler dans Bagdad, et un couvre-feu a été instauré mardi à 22h. Mais ceci n'empêche pas les violences de se produire.

Le Premier ministre sortant, le chiite Nouri al-Maliki est donné favori, malgré un bilan très critiqué, y compris par son propre camp. Son premier mandat entre 2006 et 2010 avait été marqué par une diminution des violences. C'est loin d'être le cas à présent pour ce second mandat qui se termine. Les violences tuent en moyenne 25 Irakiens par jour depuis le début de l'année. Le chomâge a augmenté, la corruption est endémique et les services publics se dégradent de plus en plus.

Les revendications des sunnites

La colère de la communauté sunnite explique en grande partie ce climat de violence. Cette communauté s'estime lésée depuis que les chiites ont le pouvoir. Elle représente 40% de la population. Les sunnites demandent une meilleure représentation politique et un meilleur partage des ressources du pays. A plusieurs reprises, elle a tenté de trouver un arrangement avec Nouri al-Maliki. Ce dernier a préféré utiliser une main de fer en envoyant la troupe pour les faire taire. Peine perdue, une partie des sunnites ont pris les armes en s'alliant avec les partisans d'al-Qaïda réunis au sein de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Et une grande partie de la province d'al-Anbar échappe désormais au contrôle de l'Etat. C'est le cas notamment de la ville de Fallouja et celle de Ramadi.

Nouri al-Maliki a beau jeu dès lors de s'ériger en unique rempart contre la violence. Mais même s'il emporte ces élections, son parti n'obtiendra pas la majorité. Il faudra de longues et laborieuses tractations pour qu'il puisse former un gouvernement.

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