IRAK

Irak: victoire en trompe-l’œil pour Nouri al-Maliki aux législatives

La Haute Commission électorale a révélé les résultats des élections législatives irakiennes ce lundi 19 mai 2014 à Bagdad.
La Haute Commission électorale a révélé les résultats des élections législatives irakiennes ce lundi 19 mai 2014 à Bagdad. REUTERS/Ahmed Saad
Texte par : RFI Suivre
2 mn

On les attendait pour la fin du mois, mais les résultats du scrutin législatif organisé en Irak le 30 avril dernier ont été annoncés ce lundi 19 mai par la Haute Commission électorale irakienne. Sans surprise, c'est la coalition emmenée par le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki qui arrive en tête du scrutin, avec au moins 93 sièges. Une victoire au goût de défaite puisque le résultat est insuffisant pour gouverner immédiatement.

Publicité

Le Premier ministre sortant, chiite, a certes obtenu 93 sièges, c'est-à-dire quatre de plus qu’en 2010, mais sur un total de 328 sièges à pourvoir, ce résultat est insuffisant pour former un gouvernement. Nouri al-Maliki sait qu’il ne peut pas compter sur les deux autres formations chiites, qui l’accusent entre autres de dérives autoritaires. Mais même s’il avait bénéficié du soutien du parti de Moqtada al-Sadr et du Haut conseil islamique, le Premier ministre sortant n’obtiendrait pas la majorité.

Il faut tout de même reconnaître à Nouri al-Maliki sa victoire, car il est parvenu à conserver sa base électorale en remportant plus de 700 000 voix, malgré un bilan contrasté tant au niveau sécuritaire qu’économique.

Ouverture d'une période de négociations

Les résultats définitifs devraient être connus d’ici quelques semaines. Après quoi s’ouvrira officiellement une période de négociations entre les différentes formations politiques. Nouri al-Maliki devra tenter de convaincre les autres partis chiites, les sunnites et les Kurdes. « On revient au point de départ », prévient Hosham Daoud, un expert irakien. « On est partis dans des discussions marathon, ça peut prendre des mois pour former un gouvernement. »

Dans le même temps, il faudra également trouver un accord sur la nomination du président du Parlement et du président de la République. L’Irak, qui traverse une crise politique depuis de nombreux mois, risque d’attendre un certain temps avant de connaître sa nouvelle équipe dirigeante. En 2010, dix mois avaient été nécessaires pour parvenir à un compromis politique.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail