Egypte

Une figure du soulèvement anti-Moubarak condamnée à 15 ans de prison

Alaa Abdel Fattah, militant de la gauche égyptienne (ici au tribunal en mars 2013), a été condamné à 15 ans de prison ce mercredi 11 juin.
Alaa Abdel Fattah, militant de la gauche égyptienne (ici au tribunal en mars 2013), a été condamné à 15 ans de prison ce mercredi 11 juin. AFP PHOTO / MAHMUD KHALED

La cour d’assises du Caire a condamné mercredi le blogueur et militant révolutionnaire Alaa Abdel Fattah à 15 années de prison. 24 autres accusés qui participaient à une manifestation contre la comparution des civils devant des tribunaux militaires en novembre ont été condamnés à la même peine.

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Avec notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti

Alaa Abdel Fattah et ses compagnons ont tous été condamnés par contumace. Les 25, accusés de « violences contre la police et les biens publics au cours d’une manifestation illégale », avaient tous été libérés sous caution en attendant le jugement. Abdel Fattah se trouvait à la porte du tribunal quand le jugement a été prononcé. Selon ses proches il a été empêché d’entrer par la police qui a ensuite procédé à son arrestation.

Un nouveau procès aura lieu

Conformément à la législation égyptienne, le juge peut infliger la peine maximale en cas d’absence de l’accusé. Les jugements par contumace sont toutefois automatiquement cassés après l’arrestation du condamné et un nouveau procès doit avoir lieu.

Alaa Abdel Fattah est une des figures symboliques du soulèvement du 25 janvier 2011 contre l’ex-président Moubarak. Il a ensuite milité contre le Conseil suprême des forces armées qui a dirigé le pays de la chute de Moubarak à la mi-février 2011, jusqu’à la prise de pouvoir du président Frère musulman, Mohamed Morsi, fin juin 2012. Abdel Fattah avait été arrêté et accusé de violence contre des militaires, mais avait été libéré, fin 2012, suite à un non-lieu.

« Ca ne fait pas avancer le pays »

Alors que son fils a été arrêté à l'issue de l'audience avec deux autres militants eux aussi condamnés, la mère d'Alaa Abdel Fattah clame son indignation. « Le juge a donné sa sentence par contumace ce qui est totalement injuste, parce que tout le monde était dans le tribunal ce jour-là, explique t-elle. Et après la police a arrêté Aala et deux de ses coaccusés, juste à la sortie du tribunal, comme s’ils allaient s’enfuir ou quelque chose comme ça.

Ecoutez la réaction de Leïla Soueif, la mère d'Alaa Abdel Fattah

Je m'attendais à un jugement très sévère parce qu'on vit aujourd'hui dans un sytème qui s'attaque aux révolutionnaires, mais je ne m'attendais pas à un piège aussi vicieux de la part de quelqu'un qui se présente sous le nom de magistrat.

Les jugements par contumace vont systématiquement en appel, mais comme on va se retrouver devant le même juge, je ne vois pas à quoi ça va servir.

Ce genre de comportement ne fait pas avancer le pays sur la voie de la réconciliation, ça ne fait pas avancer non plus le pays sur la voie de la stabilité, ça ne nous mène nulle part sauf vers une spirale de violence.

Aujourd'hui je suis très très en colère, je ne ressens que la colère, je suis furieuse ».

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