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Irak

Pourquoi l'EIIL a progressé si rapidement en Irak

Des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant à Mosoul, le mercredi 11 juin.
Des combattants de l'Etat islamique en Irak et au Levant à Mosoul, le mercredi 11 juin. REUTERS/Stringer
Texte par : RFI Suivre
4 mn

En trois jours seulement l’EIIL, l’Etat islamique en Irak et au Levant, a conquis près de la moitié du territoire irakien. Ce groupe jihadiste contrôle également une partie de l’est de la Syrie. François Burgat, directeur de recherche au CNRS, donne son analyse de la rapidité de cette progression.

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Pour François Burgat, l’objectif de l'offensive lancée mardi par l’Etat islamique en Irak et au Levant est bien de fonder un califat, un Etat islamique avec une administration et des institutions. Un projet inscrit dans la dénomination même du groupe. « Il ne s’appelle pas n’importe comment ce groupe, il s’appelle "l’Etat" islamique. Donc, il a une utopie de la constitution d’un Etat où pourrait s’exprimer librement la religiosité radicale qui est leur conception de la religion musulmane », insiste le chercheur de l’Institut de recherches et d'études sur le monde arabe et musulman. La spécificité de l’EIIL est « qu’ils attirent tous les laissés-pour-compte des systèmes politiques - soit arabes, soit de pays musulmans -, qui viennent [en Irak] relancer l’option de la création d’un Etat idéal ».

EIIL avance vite, en terrain conquis

Dans cette optique, l’ambition d’EIIL n’est donc pas tant à mettre à bas le régime de Nouri al-Maliki que d’« instaurer un Etat, des institutions, qui démontreraient aux populations concernées qu’elles sont plus fonctionnelles que celles qu’ils ont expérimentés jusqu’alors dans le cadre de l’expérience politique du gouvernement Maliki. »

Et si les combattants d’EEIL ont progressé si rapidement face aux forces de sécurité irakiennes, c’est qu’ils sont en terrain conquis, selon François Burgat. « Le régime de Maliki a eu de plus en plus de difficultés à maintenir son autorité sur les régions sunnites parce que, encore une fois, ce que l’on appelle le "jihadisme" rencontre là le mal-être et le mal-vivre de compartiments importants de la population, relayés notamment par les structures tribales », explique-t-il. « S’il n’y avait pas, dans toute cette région, un soutien plus que complaisant des structures locales, il ne pourrait pas y avoir de victoires militaires comme celles auxquelles on vient d’assister », juge-t-il.

L'Irak, un pays divisé en trois

La région dans laquelle les combattants d’EIIL ont progressé si rapidement, en allant du nord vers le sud, est à majorité sunnite. Les tribus sunnites sont devenues des alliés de circonstances de l'EIIL dans cette offensive. Une alliance en réponse à la marginalisation des sunites depuis l'arrivée à la tête du gouvernement du chiite Nouri al-Maliki.

En simplifiant, la carte de l'Irak se divise globalement en trois zones :

1. La région autonome du Kurdistan, qui a la forme d'un croissant dans le nord - nord-est de l'Irak, le long des frontières avec la Turquie et l'Iran. D'une manière générale, entre le Kurdistan et le nord de Bagdad, le sunnisme prévaut. C'est dans cette région que se trouvent Mossoul et Tikrit, tombées cette semaine aux mains de l'Etat islamique en Irak et au Levant.

2. Bagdad, la capitale située au centre du pays, abrite majoritairement des chiites, mais également une importante communauté sunnite.

3. Enfin, dans le Sud, entre Bagdad et le Golfe arabo-persique, se trouve la région à majorité chiite.

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