Accéder au contenu principal
Irak

La percée de l’EIIL met à jour les divisions irakiennes

Des irakiens se portant volontaire pour combattre les jihadistes de l'EIIL qui avancent sur Bagdad, le vendredi 13 juin.
Des irakiens se portant volontaire pour combattre les jihadistes de l'EIIL qui avancent sur Bagdad, le vendredi 13 juin. REUTERS/Ahmed Saad
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Les rebelles irakiens tiennent toujours plusieurs régions d’Irak, dont celle de Mossoul et les villes de Tikrit et de Baji. Au sud de la région de Kirkouk, ils sont toujours maîtres de la ville de Hawija, où ils rencontrent le soutien d’une partie de la population. Ailleurs, la résistance s’organise face à l’avancée de l’EIIL, mais les divisions irakiennes continuent de freiner toute organisation globale.

Publicité

Mohamed habite Hawija, qu’il appelle une ville libérée. Mohamed est sunnite, il est étudiant et assure que sa ville respire depuis que les rebelles sunnites en ont pris le contrôle. « Je n’ai pas vu aucun combattant d al-Qaïda, affirme-t-il. Et surtout, maintenant, on est protégé par des sunnites contre l’armée de Maliki. C'est une révolution populaire, le résultat de toutes les exactions du gouvernement actuel, des arrestations, des exécutions, des emprisonnements. On a manifesté pendant un an pacifiquement et l’armée a attaqué notre campement et a tué et blessé 200 personnes. » Mohamed raconte comment il a été kidnappé deux fois par des milices chiites. On militait avec des amis sur le campus contre leur projet d’obliger les femmes à porter le voile. Ils veulent transformer l’Irak en copie de l’Iran.

Dans l’Irak d’aujourd’hui les sunnites sont discriminés. L’attaque par l’armée du campement des manifestants à Hawija en avril 2013 l’a convaincu que rien ne serait obtenu pacifiquement. « On pense que les États-Unis sont du côté des Iraniens. Ils sont contre les citoyens irakiens. J’espère qu’ils vont changer de façon de voir, j’espère qu’ils ne vont pas venir tuer des Irakiens. Nous avons besoin de paix et de sécurité. Pour Mohamed, à l’avenir, Maliki doit partir et les sunnites doivent retrouver leur place. » Il ne sait pas quelle forme ça peut prendre il se sent juste aujourd’hui fier d’être sunnite.

Les réflexes communautaires demeurent

De l’autre côté, la résistance à l’EIIL s’organise, mais les réflexes communautaires jouent à plein. À Kirkouk comme ailleurs en Irak, de jeunes gens se portent volontaires pour défendre leur région. Dans la ville pétrolière, 4 000 jeunes se sont ainsi inscrits pour être réservistes dans le corps des peshmergas kurdes.

Mais dans les familles chiites, la mobilisation est plus forte qu’ailleurs. Ils vivent la rébellion sunnite comme une menace directe. Ali est étudiant à l’Institut de technologie de Kirkouk. Il a un petit boulot comme garde dans l’administration provinciale. À 25 ans, il veut défendre Kirkouk contre al-Qaïda. « L’ayatollah al-Sistani nous a appelés à défendre l’Irak. Donc oui je me suis inscrit. Je protège ma ville, tous les Irakiens pas seulement les chiites. Et pas seulement ma région de Kirkouk. » Mais Ali est chiite et les membres des autres communautés, comme les Kurdes ou les sunnites ne s’enrôlent pas dans les groupes populaires de défense.

 → À (RE)LIRE : Nord de l'Irak: les Kurdes hésitent sur la stratégie à adopter

Nadjat al-Hussein Hassan, un turkmène de Kirkouk. Il appartient au groupe du chef chiite Ammar al-Hakim. Pour lui aussi, l’heure est a la solidarité chiite aux côtés du Premier ministre Nouri al-Maliki. « On est beaucoup surtout dans mon groupe à critiquer Maliki , explique-t-il il est en partie responsable de cette crise, mais la priorité aujourd’hui c’est de lutter contre la menace actuelle qui menace tous les Irakiens. On verra après quand on aura vaincu l’Etat islamique d’Irak et du levant (EIIL) et ses sympathisants, poursuit-il, avant de conclure : les sunnites ne doivent pas recourir au terrorisme. Et puis regardez ces rebelles, il y a des baasistes parmi eux. »

Esprit de revanche chez les uns, nostalgie du pouvoir chez les autres, l’Irak n’a semble-t-il toujours pas tourné la page de l’ère Saddam Hussein.

→ À (RE)LIRE : Le gouverneur de Mossoul veut une police sunnite pour les sunnites

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.