Etats-Unis / Israël

L'Eglise presbytérienne ne veut plus financer les bulldozers d'Israël

Un soldat israélien monte la garde devant des bulldozers de l'armée israélienne, près de Salfit, en Cisjordanie, le 26 mai 2014.
Un soldat israélien monte la garde devant des bulldozers de l'armée israélienne, près de Salfit, en Cisjordanie, le 26 mai 2014. REUTERS/Abed Omar Qusini

Plus question de financer indirectement les bulldozers qui détruisent les maisons palestiniennes ou les systèmes de surveillance israéliens dans les Territoires occupés : l'Église presbytérienne, une importante congrégation protestante des États-Unis, a décidé de retirer ses investissements de trois entreprises américaines qui fournissent du matériel à l'État israélien. La décision a été condamnée par le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

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Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

L’Église presbytérienne est une branche du protestantisme qui, aux États-Unis, rassemble 1,8 million de fidèles au sein d'environ 10.000 congrégations. Lors de son assemblée annuelle à Detroit, elle a décidé de retirer ses investissements – en tout, 23 millions de dollars – dans trois entreprises américaines qui vendent à Israël de l’équipement utilisé dans la colonisation des territoires occupés en Cisjordanie.

« Les bulldozers de Caterpillar détruisent les maisons des Palestiniens, expliquent les presbytériens. Le système électronique d’Hewlett-Packard est utilisé aux points de contrôle, et Motorola fournit les systèmes militaires de communications et de surveillance dans les colonies ».

Un « affront »

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a condamné la décision. Dans une interview sur NBC, il a invité les presbytériens à se rendre au Moyen-Orient, et à comparer la démocratie israélienne à celle de ses voisins. « Allez en Libye, allez en Syrie, allez en Irak et constatez la différence », a lancé Netanyahu, avant d'adresser « deux conseils » aux presbytériens qui feraient le voyage : « D’abord, de choisir une voiture blindée, et ensuite, de ne pas dire qu’ils sont chrétiens ».

La décision a également causé des tensions entre juifs américains et presbytériens qui avaient dans le passé d’excellentes relations. « C’est un affront à tous ceux qui oeuvrent en faveur d’une résolution pacifique du conflit israélo-palestinien », a ainsi estimé un rabbin du Comité juif américain.

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